Groupe Mycologique
Année mycologique 2006, premier semestre
Quelques espèces printanières
Photos J.P Dechaume et J.Lagey
Printemps 2006
L’hiver n’a pas été très rude, -3°à -5° les matins glacés, exceptionnellement jusqu’à –10°. En revanche, les chutes de neige ont été fréquentes et abondantes. Sur les versants, la neige disparaissait dès mi-février , alors que le Haut Morvan était encore enneigé mi-mars, au dessus de 700 m.
Dans la région de La Grande Verrière (71) versant est du Morvan sud.

Exidia glandulosa (Bull . : Fr.) Fr.
Masse cérébriforme gélatineuse noire pouvant s’étendre sur 10 cm et épaisse de 1 à 2 cm. C’est une espèce courante sur le bois mort, branches tombées, piquets, planches oubliées.
Exidia recisa (Ditm. : Fr.)
Sur les branches mortes encore fixées à l’arbre, sur saule, on peut voir de jolies grappes gélatineuses rosâtres à ambrées, qui se présentent d’abord comme de petits boutons réguliers, avant de prendre un aspect foliacé. On peut en voir de grandes quantités certaines années.
Exidia truncata Fr.
Au départ, ce sont des boutons noirâtres non confluents, gélatineux, en tronc de cône retourné, qui font penser à l’ascomycète Bulgaria inquinans, mais qui ne tachent pas les doigts au contact, contrairement à l’asco. La partie supérieure fertile brillante est garnie de pustules. Adultes, les fructifications peuvent se coller les uns aux autres et le champignon ressemble alors à Exidia glandulosa. Espèce très commune, on la trouve surtout sur bois mort de chêne.
Ces trois « exidia « en vieillissant deviennent une mince peau noire recouvrant le support, méconnaissables et indéterminables macroscopiquement.
Voici également 3 espèces lignivores que nous voudrions montrer, parce qu’elles sont faciles à voir et à déterminer, et souvent négligées.
Phlebia radiata Fr.
Joli champignon coloré, quand il est frais, à chercher sous les branches mortes de chêne à terre. Il perd son relief rapidement en se déhydratant. La littérature n’est pas très claire entre Phlebia rufa et Phlebia radiata, même pour ce qui concerne la microscopie. On doit pouvoir s’arrêter à l’aspect macroscopique, rayonnant ou non, et à la couleur générale.
Cerocorticium molare (Chaill. : Fr.) Jül
Ce champignon doit être courant, mais on ne le trouve que sur les branches mortes encore fixées à l’arbre. Il faut une tempête ou le vent pour le trouver à terre, couvrant le bois mort.
Chondrostereum purpureum (Pers. :Fr. )
En cet hiver 2005-2006, il était particulièrement actif, sur saules et sur bouleaux, allant jusqu’à encercler le tronc de bouleaux adultes, sur 1 m de hauteur. Le contraste de couleur est intéressant entre l’hymenium actif violacé et la surface externe claire et feutrée.
Polyporus lepideus et ses copains brumalis et ciliatus
Mi-avril, 7 ou 8 exemplaires sur un tronc couché d’aulne. Ce polypore fructifie à cet endroit depuis de nombreuses années, et sans le regarder, nous pensions toujours à Polyporus brumalis. Les pores étant invisibles à l’oeil nu quand le champignon est jeune, il ne peut s’agir de brumalis. La marge étant exempte de cils, ce serait Polyporus ciliatus sans cils ; ce qui n’est pas satisfaisant. Nous préférons suivre Marchand, qui considère que P. ciliatus est une forme de Polyporus lepideus ciliée ; les deux espèces ayant des pores très petits (5 au mm), et un stipe couvert de squames brunes.
Maintenant un basidiomycète assez étonnant :
Hemipholiota oedipus (Cooke) Bon
Trouvée en nombre important, début avril, sous un tilleul, sur terreau de feuilles et branches mortes. C’est une espèce hygrophane , à chapeau brunâtre, avec une note olivâtre, devenant beige clair en vieillissant, extrêmement variable. Le stipe est remarquable, avec deux parties séparées par un anneau fugace. Nous en montrons 3 aspects. C’est le seul champignon à chapeau que nous pouvions voir à cette période, et cela en facilite la détermination.
Il a été vu aussi dans la région de Dijon par J C Verpeau à la même époque.
Ascomycètes :
Plicaria leiocarpa Boud
Sur charbonnière, nous avons revu cette « pézize « peu remarquable, de la couleur du charbon où elle croît . Nous l’avions récoltée il y a plus de 10 ans, et pas depuis. Elle est aussi appelée Plicaria endocarpoides.
Les plicaria sont facilement séparées des pézizes vraies, par leurs spores qui sont sphériques. Nous avions eu également l’occasion de trouver une seule fois, il y a bien longtemps Plicaria trachycarpa dans notre région.