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Sur quelques espèces Cécidogènes d’altitude nouvellement rencontrées dans les Alpes françaises

(espèces présumées nouvelles pour la France ou pour la Science)

article paru dans le bull N° 179

 

On some cecidogenic species newly recognized from French Alps

( species considered as new for France or for Science )

 

par Jean BÉguinot

 

Résumé : Une investigation préliminaire de la faune cécidogène (inductrice de « galles ») dans les Alpes sud-occidentales françaises (Ubaye, Briançonnais-Vallouise) a permis de recenser 228 espèces parmi lesquelles bon nombre de nouveautés intéressantes, notamment :

– 27 espèces apparaissant nouvelles pour la France,

– 6 (voire 9) espèces pouvant être considérées comme nouvelles pour la Science.

 Une diagnose est proposée pour chacune de ces dernières, décrivant les principales caractéristiques des cécidies correspondantes et de leurs inducteurs-locataires.

Summary : From a preliminary survey of the cecidozoans (« gall-makers ») fauna in the south-west French Alps (Ubaye, Briançonnais-Vallouise), 228 species were collected ; among which a lot of them exhibits some interesting characters of novelty , in particular :

– 27 species were recognized as new for France,

– 6 (may be 9) species seem to be new for Science.

A detailed diagnosis (in english and french) is proposed for each of the latter, describing the main characteristics of the corresponding cecidies and their respective inhabitants.

Introduction

 La faune cécidogène (inductrice de « galles » sur végétaux) présente beaucoup d’intérêt,

– tant pour le naturaliste, motivé à poursuivre l’inventaire d’une catégorie faunistique souvent négligée des entomologistes,

– que pour le biologiste qui y découvre l’une des plus remarquables manifestations dans l’art de la manipulation morphogénétique du végétal par l’animal,

– qu’enfin pour l’écologiste qui peut trouver grâce à elle de multiples occasions d’investigations concernant les interactions triangulaires entre trois niveaux trophiques interdépendants : végétal – cécidogène – prédateur (Béguinot 1997, 2000).

La faune cécidogène d’altitude, encore moins bien recensée que son homologue des plaines et collines, mérite d’autant plus attention et considération. Considération renforcée par l’opportunité de pouvoir joindre à l’utile l’agrément de belles courses en montagne…

Quelques séjours en Ubaye et Briançonnais-Vallouise (incluant partiellement quelques secteurs des Parcs Nationaux du Mercantour et des Ecrins) nous ont permis de démarrer une investigation de la faune cécidogène de ces régions représentatives des Alpes sud-occidentales.

A l’occasion de ces recensements (Béguinot 2001, 2002), un effectif significatif de nouveautés pour la France et parfois pour la Science a été mis en évidence.

Il est rendu compte ici de l’état actuel de ces trouvailles, en se référant aux catalogues récents faisant état de la faune cécidienne connue en France et en Europe respectivement : Dauphin et Aniosotsbehere (1993), Buhr (1964).

De l’ensemble de nos investigations, portant sur un effectif total de 228 espèces, inventoriées entre 1000 m et 2500 m, se dégagent un total de 45 éléments nouveaux à divers titres.

Liste des nouveautés observées

(NB : nomenclature des plantes-hôtes selon FOURNIER (1936))

 

m 27 espèces qui peuvent être considérées comme nouvelles pour la France :

            27 species considered as new for France :

 

(1 Nématode, 9 Acariens, 4 Hémiptères, 8 Diptères Cécidomyiidés, 4 Hyménoptères Tenthrèdinidés, 1 Hyménoptère Chalcididé).

Ces espèces, observées soit en Briançonnais-Vallouise ( B ), soit en Ubaye ( U ) ne sont pas, en effet, citées de France dans l’ouvrage de référence “ Les Galles de France ” de Dauphin et Aniosotsbehere (1993) :

Nématodes :

* Ditylenchus sp. (= BUHR n° 2412) sur Dryas octopetala : B

 Acariens Eriophyides :

* Acalitus bistriata f. alni-viridis (Nalepa) sur Alnus viridis : B

* Aceria achilleae (Corti) sur Achillea millefolium : B U

* Aceria bartschiae (Nalepa) sur Bartschia alpina : B

* Aceria sp. (= BUHR n° 7389) sur Valeriana tripteris : B

* Aceria sp. (= BUHR n° 7397) sur Valeriana montana : B                                                               voisin de A. macrotuberculatus

* Aculus coronillae (Canestrini et Massalogo) sur Coronilla varia : U

* Aculus retiolatus (Nalepa) sur Vicia cracca : U

* Cecidophyopsis betulae (Nalepa) sur Betula verrucosa : B U

* Eriophyes paderinus Nalepa sur Prunus padus : B

Hémiptères :

* Cryptomyzus korschelti Börn sur Ribes alpinum : B

* cf Pachypappella populi (Linné) sur Populus tremula : B

* Rhopalomyzus poae (Gill.) sur Lonicera alpigena : B

* Trioza dispar Löw sur Taraxacum dens-leonis : B

Diptères :

* Bayeria buhri Möhn sur Gypsophila repens : B

* Contarinia aconitifloris Stelter sur Aconitum vulparia : B

* Dasineura campanulae Rübsaamen sur Campanula scheuchzeri : B

* Dasineura subpatula (Bremi) sur Euphorbia cyparissias : B

* Dasineura sp. (= BUHR n° 422) sur Amelanchier ovalis : B U

* Jaapiella floriperda (Löw) sur Silene nutans : B

* Jaapiella vacciniorum type ( = BUHR n° 7384 ) sur Vaccinium uliginosum : U

* Jaapiella vacciniorum var. ( = BUHR n° 7382 ) sur Vaccinium uliginosum : B U

 Hyménoptères :

* Eurytoma sp. (= BUHR n° 4764-4765) sur Phyteuma betonicaefolium : B

* Pontania arbuscula Benson sur Salix arbuscula : B

* Pontania hastatae Vikberg sur Salix hastata : B U

* Pontania nivalis Vikberg sur Salix glauca (= S. glauco sericea B. Flod.) : B

* Pontania retusae Benson sur Salix retusa : B U

 

m  4 espèces dont la présence en France est confirmée :

            4 species confirmed for France :

 

* Aculus longifilis (Canestrini) sur Onobrychis montana : U

* Dasineura epilobii (Löw) sur Epilobium angustifolium : B U

* Dasineura galiicola (Löw) sur Galium helveticum : B U

* Liosomaphis berberidis (Kaltenbach) sur Berberis vulgaris : B

 

m  2 combinaisons inducteur-hôte nouvelles pour la France :

            2 inducer-host pairs new for France :

* Cecidophyes nudus Nalepa sur Geum montanum L. : B

* Dasineura sampaina (Tavares) sur Linum alpinum Jacq. : B U

 

m  3 combinaisons inducteur ‑ hôte nouvelles pour la Science :

 3 inducer-host pairs new for Science :

* Aceria achilleae (Corti) sur Achillea millefolium L. : B U

* Diastrophus mayri Reinhard sur Potentilla grandiflora L. : B

* Eurytoma sp. sur Phyteuma betonicaefolium Villars : B

            (= BUHR n° 4764-4765)

m  3 espèces susceptibles d’être nouvelles pour la Science                                                          (sous réserve de confirmation) :

            3 species possibly new for Science (to be confirmed) :

 ( non cités dans Buhr (1964) ni dans Dauphin et al. (1993))

* Eriophyes sp. nov. ? sur Cytisus sessilifolius L. : U

* Diptère Cécidomyiidé sp. nov. ? sur Rosa sp. : U

* Diptère Cécidomyiidé sp. nov. ? sur Vaccinium uliginosum L. : B

 

m  6 espèces apparaissant nouvelles pour la Science :

 6 species considered as new for Science :

 ( non citées dans BUHR (1964) ni dans DAUPHIN et al. (1993))

* Eriophyes sp. nov. sur Astragalus monspessulanus L. : B

* Eriophyes sp. nov. sur Ononis fruticosa L. : U

* Eriophyes sp. nov. sur Stachys densiflorus Bentham : B

* Contarinia sp. nov. sur Ononis rotundifolia L. : B

* Diptère Cécidomyiidé sp. nov. sur Astragalus penduliflorus Lmrk. : B

* Pontania sp. nov. sur Salix grandifolia Ser. : B

 

Bref descriptif des espèces considérées comme nouvelles pour la Science

* Eriophyes sp. nov. sur Ononis fruticosa L.

A small “ pod-shaped ” gall resulting from the upwards longitudinal folding of leaflets along the mid-rib, with inflated, hypertrophied, slightly discolored (yellowish-green) and glabrous walls (general habit similar, for example to a size-reduced gall of the common Dasineura fraxini on Fraxinus leaves). The gall may extend, more or less, to the whole leaflet lamina. Inside are Eriophyids about 190 x 50 µm.

This cecidian formation is entirely different from the unique eriophyid gall (by Aceria ononidis) already described on Ononis (Buhr 1964 ; Dauphin et al. 1993) : a compact bush of tiny foliations on leaves or flowers.

Thus this gall is considered as the production of a new Eriophyid species.

Petite galle en poche sur folioles (galle dite “ en gousse ”) formant un repli hypertrophié vert pâle, glabre, axé sur la nervure médiane de la foliole (l’aspect général de la galle évoque donc, en apparence et à taille réduite, la galle bien connue de Dasineura fraxini sur folioles de Frêne, par exemple).

En raison de la relative étroitesse des folioles chez Ononis fruticosa, la galle s’étend souvent plus ou moins à une bonne partie de la largeur du limbe. Par ailleurs, elle affecte tout ou partie de la longueur de la foliole. Les lèvres de la poche gallaire sont plus ou moins grumeleuses.

Ces galles hébergent des Acariens Eriophyides blanchâtres, longs d’environ 190 µm et larges de 50 µm.

La formation cécidienne décrite ici diffère totalement de la seule galle d’acarien jusque là citée sur Ononis (Buhr 1964 ; Dauphin et al. 1993) : Aceria ononidis (Canestrini), laquelle se présente sous forme d’un buissonnement compact de petites foliations affectant les folioles ou plus rarement les fleurs.

La présente cécidie en gousse sur Ononis fruticosa semble donc nouvelle et correspondre à l’œuvre d’une espèce non encore décrite d’Acarien Eriophyidé.

Cette galle, qui n’a pour le moment été observée que dans le secteur du Riou Bourdoux à l’ouest de Barcelonnette, ne s’y montre en relative abondance que par places seulement et se trouve par ailleurs généralement absente des très nombreux pieds de O. fruticosa rencontrés dans les environs. Plus précisément, elle a été notée, en particulier, au voisinage du sentier-découverte balisé du Riou Bourdoux, en rive droite, dans la montée en lacets, entre les étapes balisées n° 4 et 5.

* Eriophyes sp. nov. sur Astragalus monspessulanus L.

A “ covering-gall ”, developped along the mid-rib, on the upper side of leaflets,resulting from the hypertrophic growth of two adjacent rims lying parallel to the mid-rib and enclosing between them a narrow cecidian lodge. Walls inside the lodge are irregularly warted, as is often typical inside eriophyids-galls. Externally, the rims are entirely covered by a dense white pilosity, looking regularily “ combed ” transversaly. The small lodge harbours numerous Eriophyids, 160-220 x 50-65 µm.

No similar cecidian formation is described in Buhr (1964) nor in DAUPHIN et al (1993) ; accordingly the Eriophyids responsible for this gall are considered belonging to a new species.

Galle foliaire, affectant l’axe médian des folioles, formée par deux bourrelets sub-contigus, saillants face supérieure du limbe et longeant la nervure médiane, de part et d’autre. Ces deux bourrelets déterminent entre eux (et donc selon l’axe de la nervure) une logette longitudinale, quasi-refermée en dessus par le rapprochement du haut des bourrelets dilatés. L’intérieur de cette fente-logette présente une surface cérébelleuse-verruqueuse (fréquente à la paroi interne des galles d’Eriophyidés) et abrite de nombreux ériophyides blanchâtres, 160-220 x 50-65 µm. Les bourrelets sont, extérieurement, uniformément recouverts d’une épaisse pilosité blanche, extremement dense et comme “ peignée ”. Cette pilosité s’étend, dans une moindre mesure, en face inférieure, au voisinage de la nervure, c’est à dire à l’aplomb de la galle.

Cette formation cécidienne, bien caractérisée, ne figure pas dans la littérature de référence (Dauphin et al 1993, Buhr 1964) et semble donc correspondre à une espèce nouvelle pour la Science.

* Eriophyes sp. nov. ? sur Cytisus sessilifolius L.

A gall resulting from the longitudinal sharp upwards folding of the lamina, along the mid-rib of leaflets ; harbouring a dense population of Eriophyids tightly concentrated inside, along the folding line, on the mid-rib.

No similar gall is described in Buhr (1964).

 

 Galle affectant les folioles qui restent peu déformées mais simplement repliées par le haut en V selon la nervure médiane. Abrite une dense population d’Acariens Eriophyides ocres, étroitement alignés sur la nervure formant charnière. Aucun rattachement ne semble possible aux espèces cécidogènes citées sur Cytisus par les auteurs précédents.

* Eriophyes sp. nov. sur Stachys densiflorus Bentham

Gall on leaves : the lamina is irregularily and strongly embossed by a spreading of yellow-colored, coalescent, minute convexities on the upper surface. Corresponding concavities on the lower surface of the lamina are extensively lined with a felting (erineum) harbouring Eriophyids.

No eriophyid-gall is described on the leaves of the genus Stachys, according to Buhr (1964). Thus, the present species might be new ; possibly a derivative from Eriophyes solidus Nalepa which exclusively induces galls on shoot and flowering parts.

Limbe foliaire irrégulièrement et fortement gaufré par un semis coalescent de petites convexités en face supérieure, teintées d’un beau jaune clair. Concavités correspondantes en face inférieure tapissées d’un feutrage étendu (erineum) hébergeant les Eriophyides.

Aucune galle d’Eriophyides n’est relatée sur feuilles pour le genre Stachys d’après Buhr (1964). L’espèce responsable de la galle décrite ici serait donc nouvelle ; peut être affine de Eriophyes solidus Nalepa, laquelle affecte sélectivement les tige et inflorescence.

* Contarinia sp. nov. sur Ononis rotundifolia L.

 Gall inside the flower which remains closed, slighty inflated (in a similar way as galls by Contarinia loti or C. onobrychidis in flowers of Lotus or Onobrychis, respectively). Inside are damped, jumping (genus Contarinia) yellow-colored cecidomyiid larvae. Lack of any mycelium lining inside of gall walls is a supplementary argument against assigning this cecidozoan to genus Asphondylia.

 No gall is corresponding to these characteristics, in Buhr (1964) and Dauphin et al (1993).

 Accordingly, the inducer of the present gall should be a new species.

Fleurs renflées, restant closes (de manière similaire, par exemple, aux galles induites sur Lotus et Onobrychis par Contarinia loti et Contarinia onobrychidis respectivement). Abritent des larves cécidomyiidées jaunes, sauteuses et humides (d’où genre Contarinia) ; galles sans aucun garnissage interne de mycelium (toutes caractéristiques qui excluent à l’évidence Asphondylia).

Cette galle et son inducteur ne correspondent à aucune espèce dans la littérature de référence (Dauphin et al. 1993, Buhr 1964) et semble donc correspondre à une espèce nouvelle pour la Science.

* Diptère Cécidomyiidé sp. nov. sur Astragalus penduliflorus Lmrk.

“ Pod-shaped ” gall, resulting from the longitudinal, regularily cylindrical rolling of leaflets upwards, generally leading to a tight and precise contact of the two opposite margins of the lamina (this sub-cylindrical rolling differs remarkably from the longitudinal folding, fusiform in section, typical, for example, of the common gall by Dasineura viciae on the leaflets of Vicia sp.). The curved lamina is slightly discolored, yellowish-green and often slightly embossed. Inside are several cecidomyiid larvae, white, finally turning to light pinkish.

No corresponding cecidian formation is described in Buhr (1964) and, accordingly, this gall is thus considered as induced by a new cecidomyiid species.

Enroulement par le haut des folioles, en forme de “ gousse ” à section sub-cylindrique (et non simple repli vers le haut à section fusiforme comme, par exemple, pour la galle de Dasineura viciae). Le limbe enroulé est décoloré (couleur vert jaunâtre clair) et légèrement bosselé, renforçant encore l’aspect d’une minuscule gousse. Le jointoiement des marges limbaires opposées, rapprochées par l’enroulement, est souvent remarquablement précis.

La logette déterminée par l’enroulement limbaire abrite plusieurs larves cécidomyiidées dont la couleur, longtemps blanche, vire à la fin au beige clair légèrement rosé.

Cette cécidie ne correspond à aucune espèce décrite dans la littérature de référence (Dauphin et al 1993, Buhr 1964). Dès lors,

– soit on rapproche son inducteur de l’espèce Buhr n° 872, sans raison très solide mais en considérant la proximité taxonomique du végétal support ; auquel cas on a affaire ici à une espèce végétale support nouvelle pour cet insecte ;

– Soit, plus probablement, il s’agit d’une espèce inductrice autonome qui serait alors nouvelle pour la Science.

* Diptère Cécidomyiidé sp. nov. ? sur Vaccinium uliginosum L.

 Leaf rolled upwards in a more or less regular sub-cylindrical way, leading to the approximate joining of the opposite margins of the leaf. The lodget inside was found empty but with typical internal aspect reminding nutritional activities of a cecidomyiid-type larva.

Refering to Buhr (1964), this gall seems still undescribed.

Limbe foliaire enroulé par en haut, formant un tube sensiblement cylindrique par le rapprochement des marges opposées. L’intérieur de la galle, trouvé vide, porte très nettement des traces de nourrissage typiques d’une larve-hôte cécidomyiidée.

Cette galle ne correspond à aucune espèce inductrice décrite dans la littérature de référence (Dauphin et al 1993, Buhr 1964) et pourrait peut-être correspondre à une espèce nouvelle pour la Science.

* Diptère Cécidomyiidé sp. nov. ? sur Rosa sp.

 

A plurilocular gall resulting in a slight swelling of a shoot, harbouring orange-colored cecidomyiid larvae or parasitoïd larvae.

The only cecidomyiid gall on Rosa sp. cited in Buhr (1964) is by the well known Wachtliella rosarum on leaves, obviously entirely different. Accordingly, this gall, unfortunately only seen once, might result from a new cecidian cecidomyiid species.

Galle pluriloculaire formant un léger renflement de la tige, abritant dans chaque logette soit une larve cécidomyidée typique, orange, soit une larve de chalcidien parasitoïde. Or les auteurs précédents ne citent qu’une seule espèce cécidomyiidée cécidogène sur Rosa : Wachtliella rosarum, espèce commune, formant une galle en gousse sur les folioles de Rosa et donc sans aucun rapport avec la galle mentionnée ici. Il semblerait bien qu’il s’agisse donc d’une espèce nouvelle.

* Pontania sp. nov. sur Salix grandifolia Ser.

Globular gall, 6 to 10 mm diameter, developped underneath the lamina of leaves, densely covered by a white thick felting. The insertion place of the gall is marked, on the upper surface of the leave, by a small discoïdal scar, whitish-green, glabrous or more or less pubescent.

This gall seems to belong to the Pontania globuli / gallarum type, frequent on Salix cinerea / caprea group.

According to the generally recognized vegetal-host specificity in genus Pontania, this gall on Salix grandifolia , undescribed in Buhr (1964) nor in Dauphin et al. (1993), may be considered as resulting from a new Pontania species.

Galle globuleuse, développée à la face inférieure du limbe, densément recouverte d’un feutrage blanc ; diamètre 6 à 10 mm. L’insertion de la galle est marquée, côté face supérieure, par un petit disque vert clair glabre ou plus ou moins velu.

Cette cécidie appartient clairement au groupe Pontania pedunculi / gallarum, fréquent sur Salix cinerea / caprea. Cependant, conformément aux conceptions actuelles (Kopelke in litt.), la spécificité de l’inducteur vis à vis de l’hôte végétal conduit à considérer que cette espèce inductrice sur S. grandifolia est particulière à son espèce végétale-hôte. En l’abscence de citation dans Buhr (1964) ni Dauphin et al. (1993), cet hyménoptère cécidogène apparaît donc être nouveau pour la Science.

* Eurytoma sp. sur Phyteuma betonicaefolium Villars

 Monolocular galls, resulting in sub-spherical or slightly ovoïd swellings of the shoot, each one harbouring systematically a Chalcidian Eurytomiid larva. These galls are regularily gathered in a “ chaplet-wise ” arrangement along the shoot and seem similar or identical to those induced by “ undescribed species ” refered to as n° 4764 and 4765 in Buhr (1964), and previously observed from Poland and Austria.

Galles monoloculaires, formant des renflements sub-sphériques ou à peine ovoïdes sur tige, rassemblées de manière sub-contiguë en chapelet, chacune contenant exclusivement une larve d’hyménoptère chalcidien appartenant au genre Eurytoma : parait bien correspondre à une espèce, non encore dénommée, dont la galle semble proche du descriptif de Buhr (1964) pour les espèces n° 4764 et 4765, observées de Pologne et d’Autriche.

 

Répartition des nouveautés par grands groupes taxonomiques

 

Le taux élevé de nouveautés (40 espèces nouvelles pour la France ou pour la Science soit 18% du total des espèces observées) confirme la médiocre connaissance de cette faune en milieu montagnard.

Par ailleurs, examinés séparément pour chacun des quatre principaux groupes taxonomiques cécidogènes (Acariens, Hémiptères, Diptères, Hyménoptères), les taux de nouveautés se révèlent remarquablement similaires entre-eux : 18%, 15%, 18%, 17%, respectivement.

 

Remerciements

 

 L’auteur exprime sa reconnaissance aux autorités respectives des Parcs Naturels Nationaux du Mercantour et des Ecrins pour les autorisations d’investigation accordées à l’occasion de cette étude.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Béguinot  J., 1997. – Invitation à découvrir l’étonnant monde des Galles végétales. Bull. Soc. Bot. Centre-Ouest, 28 : 177-180.

Béguinot  J., 2000. – Catalogue des Zoocécidies de Saône et Loire, première réactualisation.Bull. Soc. Hist. Nat. Autun, 173 : 11-21.

Béguinot  J., 2001 – Investigations sur la faune cécidogène d’altitude en Briançonnais-Vallouise. C. R. d’inventaire adressé au Parc National des Ecrins.

Béguinot  J., 2002 – Contribution au recensement de la faune cécidogène d’altitude dans le bassin de l’Ubaye (Alpes sud-occidentales françaises). Bull. mens. Soc. linn. Lyon, 71 (2) : 65-74

Buhr H., 1964. – Bestimmungstabellen der Gallen an Pflanzen Mittel- und Nord- Europas. Gustav Fisher Verlag, Jena, 2 vol., 1572 p.

Dauphin P. et Aniosotsbehere J.C., 1993, rééd. 1997. – Les Galles de France.Mem. Soc. Linn. Bordeaux, 2, 316p.

Fournier P., 1936. – Les Quatre Flores de la France. P. Lechevalier éd., Paris, 1106 p.