Zoocécidies
observées
dans le sud de la Côte-d’Or
(environs de Santenay, Montrachet, Saint Romain…
Article paru dans le bull N°181
A census of Plant Galls induced by Arthropods
in south Côte-d’Or (Burgundy)
par Jean Béguinot
12, rue des Pyrénées - 71 Le Creusot
Hommage à Emile CHATEAU,
précurseur des études cécidologiques
en Bourgogne méridionale
Mots
clefs : Zoocécidies, Entomologie, Côte-d’Or
Key words : cecidozoans, entomology, Côte-d’Or,
France
1°
Introduction
Parmi les nombreux centres d’intérêt naturaliste d’Emile
CHATEAU figure notamment une discipline « hybride » entre botanique
et entomologie : la cécidologie ou étude des galles végétales,
celles ci induites essentiellement par des arthropodes et notamment des insectes.
C’est là un sujet plein d’intérêt tant pour
le naturaliste de terrain que pour le curieux de biologie, tant est remarquable
la maîtrise que les inducteurs cécidiens ont acquise dans l’art
de manipuler localement la morphogénèse végétale
à leur profit.
Le caractère hybride de la cécidologie, située à
cheval entre botanique – à laquelle Emile CHATEAU vouait tant de
passion – et entomologie, n’est pas seulement une figure de style.
En effet, à proprement parler, une galle est le fruit de l’action
conjuguée de deux êtres bien distincts, de deux patrimoines génétiques
indépendants entrant localement en interaction intime. D’une part,
la structure souvent complexe et remarquablement organisée d’une
galle correspond à une manifestation particulière du patrimoine
génétique de l’espèce végétale concernée
(élément de patrimoine qui, incidemment, serait autrement resté
non exprimé). D’autre part, l’éveil et l’évolution
de cette morphogénèse végétale particulière
est entièrement et exclusivement sous dépendance du comportement
de l’animal-inducteur (mère pondeuse et larve-locataire de la galle)
et donc du patrimoine génétique de ce dernier.
Rien de surprenant donc qu’un sujet d’étude aussi curieux
ait passionné Emile CHATEAU, à qui l’on doit notamment,
en collaboration successivement avec MARCHAL puis CHASSIGNOL, un volumineux
Catalogue des Galles de Saône-et-Loire (MARCHAL et CHATEAU
1905 ; CHATEAU et CHASSIGNOL 1911). A leur époque,
tout ou presque était encore à faire en matière d’inventaire
régional des Zoocécidies.
Dès lors, jusqu’où étendre (ou bien limiter) les
recherches inventoriales ?
A cet égard, il y a toujours un certain arbitraire, pour le naturaliste,
à devoir conformer ses investigations de terrain et les publications
résultantes au cadre très conventionnel des limites administratives
d’un département.
Dans une des lettres adressées très confraternellement à
un de ses jeunes émules, Maurice GIEN, qui devait présider ultérieurement
la Société d’Histoire Naturelle du Creusot, Emile CHATEAU
soulignait que, dans la mesure du possible, il convenait de ne pas subir plus
que nécessaire ces contraintes, étrangères au monde de
la Nature. S’il est vrai que le cadre départemental ou régional
reste, malgré tout, une référence commode pour la publication,
au moins doit-on éviter de s’imposer pareille restriction dans
les investigations. Et en effet, Emile CHATEAU n’a pas manqué,
lors de ses explorations cécidologiques, de franchir sans réserve
les confins septentrionaux du département, visitant le finage, il est
vrai comparativement peu dépaysant, de la bonne ville de Santenay.
De ces investigations est résulté une publication spécifique
:
Les Zoocécidies de Santenay (CHATEAU 1936).

Or, il est intéressant, à trois quart de siècle d’intervalle,
de ré-investiguer des lieux déjà visités avec le
même objectif d’examen, en l’occurrence ici le secteur extrême
sud de la Côte-d’Or visité par CHATEAU.
Les observations relatées ci-après couvrent toutefois une zone
géographique plus large, mais en revanche une amplitude écologique
plus restreinte que celle embrassée dans l’étude plus approfondie
d’Emile CHATEAU, si l’on en juge par la liste très diversifiée
des supports végétaux cités dans la publication de ce dernier.
Cette amplitude écologique moindre et un travail sans doute moins fouillé,
contribuent à expliquer que nous ne proposons qu’une liste de 109
espèces cécidogènes, à comparer à l’effectif
de 178 espèces relevées par CHATEAU, sur la seule localité
de Santenay.
Sans doute est-il aussi possible que certaines espèces sensibles aient
effectivement disparu mais, comme déjà souligné au même
sujet dans la réactualisation du Catalogue des Zoocécidies de
Saône-et-Loire (BEGUINOT 2000), l’interprétation
à proposer pour une absence d’observation est toujours délicate,
à la différence d’une observation positive de présence.
Par ailleurs, il est curieux de constater que sur le lot comparativement limité
d’espèces rapportées ici, une part importante d’entre
elles (60 sur 109, dont 32 sur le finage même de Santenay) n’avaient
pas été rencontrées par CHATEAU. Mais là encore,
il en est des non-citations de CHATEAU comme des non-observations actuelles
: interprétation difficile…
Sauf pourtant s’agissant de la présence actuelle de l’Acarien
Eriophyidé Aceria ilicis , pratiquement inféodé
au chêne vert (Quercus ilex), dont l’implantation récente
est facile à imaginer. Ce petit cécidogène est à
l’évidence venu avec son support lors de la plantation des quelques
pieds de chêne vert, à flanc de coteau au dessus de Santenay, postérieurement
aux investigations de CHATEAU. Il est d’ailleurs à noter que ce
même cécidogène se maintient également en abondance
sur certains pieds de chêne vert introduits au Jardin des Plantes à
Paris (BEGUINOT 2001).
En définitive, ont donc été recensées ici 109 espèces d’arthropodes cécidogènes :
34 Acariens Eriophyidés, 16 Hémiptères, 1 Lépidoptère,
38 Diptères et 20 Hyménoptères. Parmi ces espèces,
cinq présentent des caractères de nouveauté intéressants
: jusque là non citées de France, voire même encore non
décrites, elles font chacune l’objet d’une brève description
au § 4°
2° Localitées visitées
a Santenay, au dessus lieu dit « Beauregard »,
1,3 km à l’est du bourg
1/09/96, 19/09/98
b Santenay, 2 km au nord du bourg 22/02/97
c Santenay, lieu dit « Breveau », 1 km au NO du
bourg 22/03/97
d Santenay, entre Santenay le Haut et « Bois de la Fée
» 2/06/02
e Nolay, en montant de « Jaron » vers Etagny, 1
km au nord du bourg
12/06/02
f Vauchignon près Nolay, bord chemin et route, 300 m
environ au nord
du hameau 1/09/96
g Vauchignon près Nolay, sentier dans bois au dessus
du cirque du
« Bout du monde » 1/09/96
h Vauchignon près Nolay, « Fontaine de l’été
», au nord du cirque 1/09/96
i Vauchignon près Nolay, pente et base des falaises
sous « Verdeleau »
24/06/01
j Vauchignon près Nolay, bord de route puis sous-bois
, entre parking
et cote 430 m, puis jusqu’au « Bout du monde » 24/06/01 et
27/10/02
k Chassagne-Montrachet, au nord-est du village 10/03/02
l Puligny-Montrachet, montagne de Montmelian 1/04/02
m Gamay, près Chagny, à la grille du château
21/09/97
n Saint Aubin, près Chagny, bord du chemin contournant
par l’est et le nord
le lieu dit « la Justice » 21/09/97
o La Rochepot, parc du Château (excursion ADSSSL) 1/05/94
p Baubigny, lisière en bord de friche 20/04/02
q Baubigny, au NNE du hameau d’Orches 20/04/02
r Baubigny, à Evelle, sentier « Théodore
Monod » 20/04/02
s Baubigny, à « sous le Marsain » 20/04/02
t Baubigny, à « le Marsain » (excursion
ADSSSL) 1/05/94
u Baubigny, face nord-est de « le Château »
20/04/02
v Saint Romain le Haut, dans le village et les ruines du vieux
château 1/09/96
w Saint Romain le Haut, combe Bazin, 1.3km à l’est
du village
1/09/96 et 19/09/98
x Nantoux, pelouse et bosquets sur la Montagne de la Chaume
24/05/01
3° Liste des espèces cécidogènes
observées
(nomenclature des espèces végétales –
hôtes selon FOURNIER (1936))
Les espèces soulignées sont celles non citées dans la liste
des Zoocécidies de Santenay dressée par CHATEAU (1936)
** Acariens Eriophyidés
Aceria aceris-campestris (Nalepa)
sur Acer campestre : d e g i j n o w
Aceria aceris-monspessulani (Nalepa)
sur Acer monspessulanum : d
Aceria erineus (Nalepa) sur
Juglans regia : j n v
Aceria eriobius (Nalepa) sur
Acer campestre : d e f g j
sur Acer monspessulanum : d
Aceria filiformis (Nalepa) sur
Ulmus campestris : i
Aceria geranii (Canestrini)
sur Geranium sanguineum : n w
Aceria ilicis (Canestrini) sur
Quercus ilex : a
Aceria macrochelus (Nalepa)
sur Acer campestre : e f g j
Aceria macrorrhynchus (Nalepa)
sur Acer pseudoplatanus : m o
Aceria rubiae (Canestrini) sur
Rubia peregrina : l
Aceria ulmicola (Nalepa) sur
Ulmus gr. campestris : g i j
Aculops acericola (Nalepa) sur
Acer pseudoplatanus : f
Aculus schmardae (Nalepa) sur
Campanula trachelium : j
Aculus teucrii (Nalepa) sur
Teucrium chamaedrys : e x
Cecidophyes nudus (Nalepa) sur
Geum urbanum : v
Colomerus vitis (Pagenstecher)
sur Vitis vinifera : w
Epitrimerus trilobus (Nalepa)
sur Sambucus nigra : f
Eriophyes convolvens (Nalepa)
sur Evonymus europaeus : e g i j o p
Eriophyes crataegi (Nalepa)
sur Craetegus monogyna : e p q
Eriophyes exilis (Nalepa) sur
Tilia gr. platyphyllos : g o p
Eriophyes fraxinivorus (Nalepa)
sur Fraxinus excelsior : l p
Eriophyes leiosoma (Nalepa)
sur Tilia sp. : g m o
Eriophyes marginemtorquens (Nalepa)
sur Pyrus communis : i
Eriophyes padi s.sp. prunianus (Nalepa)
sur Prunus spinosa : f p
Eriophyes piri (Pagenstecher)
sur Cydonia sp. : d
sur Pyrus sp. : e i
Eriophyes similis (Nalepa) sur
Prunus spinosa : f
Eriophyes sorbi (Canestrini)
sur Sorbus aria : g w x
Eriophyes tiliae (Pagenstecher)
sur Tilia sp. : g m o p v
Eriophyes viburni (Nalepa) sur
Viburnum lantana : e g l o p q r t v x
Eriophyes sp. (= BUHR n° 014)
sur Acer pseudoplatanus : m
Phyllocoptes goniothorax (Nalepa)
sur Crataegus monogyna : g p q
Phyllocoptes parvulus (Nalepa)
sur Potentilla verna : d x
Phytoptus avellanae (Nalepa)
sur Corylus avellana : e j l n t
Phytoptus bursarius (Nalepa)
sur Tilia sp. : o
** Hémiptères
Adelges gr. abietis (Linné)
sur Picea abies : l j
Aphis evonymi (Fabricius) ou
A. fabae (Scopoli) sur
Evonymus europaeus : f
Aphis origani (Passerini) sur
Origanum vulgare : e
Copium clavicorne (Linné)
sur Teucrium chamaedrys : h w
Eriosoma ulmi (Linné)
sur Ulmus sp. : e
Lipaphis rossii (Börner)
sur Arabis hirsuta : d
Myzus ligustri (Mosley) sur
Ligustrum vulgare : g
Nasonovia ribis-nigris sur Hieracium sp.
: i
Psylla buxi (Linné) sur
Buxus sempervirens : a d
Psyllopsis fraxini (Linné)
sur Fraxinus excelsior : e i v x
Tetraneura caerulescens (Passerini)
sur Ulmus gr. campestris : e i
Trioza alacris (Flor) sur Laurus
nobilis : v
Trioza kiefferi (Giard) sur
Rhamnus alpinus : x
Trioza remota (Förster)
sur Quercus sessiliflora : b d
Trioza scottii (Löw) sur
Berberis vulgaris : r x
Viteus vitifoliae (Fitch) sur
Vitis vinifera : n
** Lépidoptères
Stenolechia gemmella (Linné)
sur Quercus sessiliflora : c
** Diptères
Asphondylia cytisi (Frauenfeld) sur Cytisus
decumbens : e q s u
Atrichosema aceris (Kieffer)
sur Acer campestre : g
Bayeria capitigena (Bremi) sur Euphorbia
cyparissias : d h
sur Euphorbia verrucosa : q
Contarinia acerplicans (Kieffer)
sur Acer campestre : o
Contarinia coryli (Kaltenbach)
sur Corylus avellana : j
Contarinia sambuci (Kaltenbach)
sur Viburnum lantana : p u
Craneiobia corni (Giraud) sur
Cornus sanguinea : n w
Cystiphora taraxaci (Kieffer)
sur Taraxacum dens-leonis : n
Dasineura gr. affinis (Kieffer)
sur Viola odorata : j
Dasineura crataegi (Winnertz)
sur Crataegus monogyna : f j n v w
Dasineura daphnes (Kieffer)
sur Daphne laureola : a b e g i x
Dasineura fraxini (Bremi) sur
Fraxinus excelsior : j
Dasineura irregularis (Bremi)
sur Acer campestre : d e
Dasineura medicaginis (Bremi)
) sur Medicago gr. sativa : e
Dasineura periclymeni (Rübsaamen)
sur Lonicera periclymenum : e
sur Lonicera xylosteum : u
Dasineura plicatrix (Löw)
sur Rubus sp. : j
Dasineura urticae (Perris) sur
Urtica dioica : f i j
Dasineura viciae (Kieffer) sur
Vicia sepium : i j
Dasineura sp. nov. sur Coronilla minima:
d x
Dasineura sp. (BUHR n° 2223-2224)
sur Cytisus decumbens : s
Jaapiella veronicae (Vallot)
sur Veronica chamaedrys : j
Jaapiella sp. (J. genisticola
(Löw) ou J. genistamtorquens
(Kieffer))
sur Genista pilosa : a d
Jaapiella sp. (= J. genisticola
(Löw) ? ) sur Cytisus decumbens : e
Kiefferiola panteli (Kieffer)
sur Quercus sessiliflora x pubescens : d
Lasioptera rubi (Schrank) sur Rubus sp. :
j
Löwiola centaureae ((Löw)
sur Centaurea gr. jacea : d
Macrodiplosis dryobia (Löw)
sur Quercus sessiliflora x pubescens : a d e
Macrodiplosis volvens (Kieffer)
sur Quercus sessiliflora x pubescens: d
Macrolabis heraclei (Kaltenbach)
sur Heracleum sphondylium : j
Monoarthropalpus flavus (Schrank)
sur Buxus sempervirens : l
Oligotrophus juniperinus (Linné)
sur Juniperus communis : r t w x
Oligotrophus panteli (Kieffer)
sur Juniperus communis : x
Physemocecis ulmi ((Kieffer)
sur Ulmus gr. campestris : i
Putoniella pruni (Kaltenbach)
sur Prunus spinosa : e o
Sackenomyia reaumuri (Bremi)
sur Viburnum lantana : d i n v x
Uruphora cardui (Linné)
sur Cirsium arvense : f
Uruphora solstistialis (Linné)
ou U. stylata (Fabricius) sur
Cirsium vulgare : j
Wachtliella rosarum (Hardy)
sur Rosa sp. : d x
** Hyménoptères
Andricus anthracina (Curtis) sur Quercus
sessiliflora x pubescens : a g w
sur Quercus sessiliflora : b
Andricus foecundatrix (Hartig)
sur Quercus sessiliflora : b e k l
Andricus inflator (Hartig) surQuercus
sessiliflora : b o
Andricus kollari (Hartig) gén.
asexuée sur Quercus sessiliflora x pubescens: e w
Andricus solitarius (Fonscolombe)
gén. asexuée sur Quercus sessiliflora : c l q
Biorhiza pallida (Olivier) sur
Quercus sp. : t
Blennocampa phyllocolpa (Vit. et Vik).
sur Rosa sp. : d e i j o
Cynips disticha (Hartig) sur
Quercus sessiliflora : b
Cynips quercus-folii (Linné)
surQuercus sessiliflora : h j
Diastrophus rubi (Bouché)
sur Rubus sp. : j
Diplolepis gr. eglantariae (Hartig)
sur Rosa sp. : g n
Diplolepis mayri (Schlechtendal)
sur Rosa sp. : c d k x
Diplolepis rosae (Linné)
sur Rosa sp. : a e k l n o p r w x
Diplolepis spinosissimae (Giraud)
sur Rosa pimpinellifolia : d t x
Hoplocampoides xylostei (Giraud)
sur Lonicera xylosteum : j
Neuroterus aprilinus (Giraud)
sur Quercus sessiliflora x pubescens : e l p r q
Neuroterus laeviusculus (Schenck)
sur Quercus pubescens : g t
sur Quercus sessiliflora : o
Neuroterus numismalis (Olivier)
gén. sexuée sur Quercus sessiliflora: b h o
Neuroterus quercus-baccarum (Linné)
sur Quercus sessiliflora : o t
Timaspis lampsanae (Perris)
sur Lampsana communis : j
4° Brève description des nouveautés
Eriophyes sp. (=BUHR n° 014)
sur Acer pseudo platanus :
Bourgeons gonflés-globuleux, 9-12 x 6.5-8.0 mm, hébergeant de
nombreux eriophyides blancs. Non citée dans le Catalogue des Galles de
France de DAUPHIN et ANIOTSBEHERE (1993), cette espèce semble nouvelle
pour la France.
Dasineura sp. nov. sur Coronilla minima :
Cécidie globulaire, formée à partir d’une feuille
interrompue dans son déploiement, les folioles restant repliées-rassemblées
vers le haut, mais sans aucune soudure entre-elles, avec dilatation-épaississement
du pétiole et du rachis, délimitant ainsi une cavité larvaire
dont les parois sont dépourvues de couche mycélienne. Assez souvent
plusieurs larves par galle. Nymphose se réalisant dans la logette, au
sein d’un cocon papyracé blanc. Emergence de la nymphe mature sans
forage de la paroi cécidienne. Pour plus de détails : BEGUINOT
(2002)
.
Dasineura sp. (= BUHR n° 2223 – 2224) sur
Cytisus decumbens :
Galle sub-globuleuse de 3 mm de diamètre, vert pâle, peu velue,
correspondant au renflement d’un jeune rameau et, de fait, portant de
petites feuilles, y compris celles formant la houppe terminale. Héberge
une ou, plus souvent deux, larves cécidomyiidés orangées.
L’aspect des larves, leur fréquente pluralité dans une même
galle, enfin la totale absence de mycélium dans la logette, excluent
clairement le genre Asphondylia.
L’inducteur de cette galle pourrait correspondre à l’une
ou l’autre des espèces (non encore dénommées) décrites
aux numéros 2223 ou 2224 du catalogue de BUHR (1964), espèces
jusque là inconnues de France. A moins qu’il ne s’agisse
même d’une espèce nouvelle pour la Science.
Jaapiella sp. sur Cytisus decumbens :
Cytisus decumbens n’est pas cité comme support pour le genre cécidogène
Jaapiella (DAUPHIN et ANIOTSBEHERE (1993), BUHR (1964)) ; cet arbrisseau constituerait
donc un support inédit
.
Hoplocampoides xylostei sur Lonicera xylosteum
:
Cette espèce cécidogène, qui semble très rare, n’apparaissait
pas, jusqu’à présent, connue avec certitude de France (DAUPHIN
et ANIOTSBEHERE (1993)) ; sa présence sur notre territoire est donc désormais
attestée.
5° Bref aperçu de la nature et de l’intensité
de la prédation subie par quelques unes des espèces cécidogènes
rencontrées
Le tableau ci après rassemble les observations relatives aux contenus
des galles échantillonnées pour certaines espèces. Ce contenu
peut correspondre :
* à un représentant de l’espèce
inductrice « légitime » en état satisfaisant, dans
l’un ou l’autre de ses trois stades de développement (larve,
nymphe, imago) ;
* à la présence d’un
prédateur exo-parasitoïde (en général encore au stade
larve) se développant au détriment du locataire légitime
; il s’agit le plus souvent de représentants des familles Torymidae,
Eurytomidae, Pteromalidae, Eupelmidae (Hyménoptères Chalcidiens,
reconnus au niveau famille au moyen de la clé de détermination
des larves de parasitoïdes proposée par REDFERN et ASKEW (1992))
; toutefois on rencontre également la larve « fuselée papilleuse
» décrite dans BEGUINOT (1999), espèce inféodée
aux galles « ambrosiennes » abritant des locataires « cultivant
» un mycélium dont ils se nourrissent à l’intérieur
de la galle : cas typique des diptères cécidogènes appartenant
au genre Asphondylia ;
* enfin, il peut également s’agir,
rarement, d’une prédation par un endo-parasitoïde ou encore,
le développement du locataire légitime peut être entravé
par la présence de larves « inquilines » exploitant pour
leur propre compte le tissu gallaire.
On notera l’intensité et surtout la diversité des causes
de prédation, ce qui montre, une fois encore, que l’induction de
la structure cécidienne, pour remarquable qu’elle soit, n’assure
cependant nullement un abri inexpugnable au locataire-inducteur, comme il a
déjà maintes fois été souligné dans la littérature.
Opinion que tendrait en outre à confirmer le fait que, globalement, les
taux de parasitisme et la diversité spécifique du cortège
de parasitoïdes affectant les espèces cécidogènes
ne se révèlent pas vraiment significativement moindres que ceux
observés chez les espèces homologues non cécidogènes
(HAWKINS et LAWTON (1987), HAWKINS (1988), HAWKINS et GAGNE (1989) , HAWKINS
(1990)), voir cependant PRICE et PSCHORN-WALCHER (1988).
HAWKINS et LAWTON (1987) soulignent d’ailleurs le caractère ambivalent
de la cécidogénèse vis à vis de la prédation
par la faune des parasitoïdes : si l’épaississement de la
paroi des galles peut, au moins transitoirement, contribuer à protéger
les locataires, il rend aussi plus visible et facilement détectable leur
localisation
lieu
et date |
Baubigny
20/04/2002 |
Saint
Aubin 21/09/1997 |
Vauchignon
24/06/2001 |
Baubigny
20/04/2002 |
Nantoux
24/05/2001 |
Nantoux
24/05/2001 |
Chassagne
10/03/2002 |
Saint
Aubin 21/09/1997 |
Nantoux
24/05/2001 |
espèce |
Asphondylia
citysi |
Craneiobia
corni |
Dasineura
urticae |
Oligotrophu
juniperinus |
Oligotrophu
juniperinus |
Sackenomyia
reaumuri |
Andricus
foecundatrix |
Diplolepis
eglantariae |
Diplolepis
spinosissimae |
larve
légitime OK |
2 |
22 |
non
déterminé |
0 |
13 |
41 |
0 |
1 |
2 |
| nymphe légitime
OK |
1 |
12 |
0 |
4 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
imago
légitime OK |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
4 |
0 |
0 |
Torymidae |
0 |
0 |
9 |
1 |
1 |
0 |
0 |
0 |
0 |
Eurytomidae
|
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
3 |
0 |
Pteromalidae
|
2 |
0 |
0 |
1 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
Eupelmidae |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
1 |
0 |
0 |
larve
fuselée papilleuse |
12 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
exo-parasite
indéterminé |
2 |
1 |
0 |
3 |
1 |
0 |
0 |
3 |
11 |
larves
inquilines |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
3 |
0 |
endo-parasite
indéterminé |
0 |
0 |
0 |
0 |
3 |
0 |
0 |
0 |
0 |
autres
causes de mortalité |
0 |
2 |
4 |
9 |
6 |
3 |
0 |
1 |
0 |
BIBLIOGRAPHIE
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(2) : 81-86.
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Aceria ilicis et Aceria achilleae. Bull. Soc . Hist. Nat. Creusot, 49 : 25-26.
BEGUINOT J. 2002 - Révision des cécidies «
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emerus L. et Coronilla minima L. (Fabacées). Bull. Soc. Linn. Lyon, 71,
(10) : 405-409.
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DAUPHIN P. et ANIOTSBEHERE J.C. 1993, rééd. 1997.
- Les Galles de France. Mem. Soc. Linn. Bordeaux, 2, 316p..
FOURNIER P. 1936. - Les Quatre Flores de la France. P. Lechevalier
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