Botanique
Observations rassemblées par Nicolas Varanguin
Observation de la
Digitale jaune (Digitalis lutea) en Auxois sud (Côte-d’Or)
D’après la nouvelle flore de Bourgogne, la Digitale jaune (Digitalis lutea) est une espèce commune sur les reliefs calcaires de la moitié orientale de la Bourgogne, jusqu’en basse Bourgogne. Nous avons trouvé cette plante le 29 juin 2002 le long d’un chemin en sous-bois sur la commune de Mont-Saint-Jean (Côte-d’Or), près de « en Gognan »
.
Observateurs : Vincent VAN LAAR et Guda M. VAN
LAAR, Chantal VAN DAM et Niels DAAN
Cirsium erisithales dans le Haut Morvan
Cette plante de moyenne montagne, que l'on recontre dans le Jura, les Alpes,
le Massif central et les Pyrénnées n'est pas une espèce
indigène du Morvan. En 1999,nous en avions signalé un pied, fin
juin, , à Préperny (limite Nièvre-Saône-et-Loire)(
alt 810 m ) sur le bord d'un fossé bordant une voie forestière,
récemment rechargée. Cette année en 2002, l'espèce
semble se plaire, car elle forme une vraie station, avec touffes et essaimage
des deux cotés de la voie forestière.
Observateur: Jean LAGEY


Cirsium erisithales Photos J.Lagey
Trois notes de juillet 2003
Hybride Cirsium erysithales et Cirsium palustre
Cirsium erysithales, une espèce nouvelle pour la Bourgogne découverte
en juillet 1999, par Jean LAGEY, sur le bas-côté d’un chemin
forestier, près de Préperny (Arleuf, 58) cf. Bull. soc. Hist.
Nat. Autun n°175 p.48.
Non seulement la plante est encore présente en 2003, mais sa population
s’est enrichie de son hybride, fruit d’un croisement avec Cirsium
palustre.
Les deux Cirses qui croissent côte à côte ne laissent aucun
doute à ce sujet et leur hybride : Cirsium X ochroleucum
All. Syn. C. huteri
Hausm. paraît peu ou pas fertile, autant qu’on peut le présumer
à la suite d’un examen sommaire de quelques capitules. L’hybride
se distingue nettement de ses deux parents par sa taille plus grande, mais participe
de l’un et de l’autre : de C.
erysithales, par ses feuilles
pennatipartites et de C. palustre
par la couleur de ses fleurons pourprés.
Ses feuilles sont peu décurrentes et, de ce point de vue, sont intermédiaires
entre celles des deux parents.
Observateurs
:R. GOUX Varennes-les-Narcy (58) et H. GAUTHERIN Corancy (58)
Un pied de Belladionne
Atropa bella-donna, dans la vallée du Touron (Arleuf 58) 
Atropa bella-donna, une espèce réputée
R à RR en Morvan et autres massifs
siliceux, PR en revanche en Nivernais occidental où
elle affectionne lisières et coupes forestières sur calcaires
ou anciens laitiers provenant de la métallurgie du fer. L’unique
pied observé ce 15 juillet se situe en lisière sud de la Forêt
de Sanclerge, jouxtant la vallée du Touron. Les rares stations morvandelles
dont la littérature fait état sont à rechercher près
de Larochemillay au sud du Beuvray, en Forêt de Breuil à St Brisson,
à Uchon…sans parler de quelques fugaces stations non revues depuis
longtemps. ( cf. Nouvelle Flore de Bourgogne de F. BUGNON)
Observateurs
:R. GOUX Varennes-les-Narcy (58)et H. GAUTHERIN Corancy (58)
A l'étang de Préperny (Arleuf 58) le Flûteau nageant Luronium natans
Luronium natans,
une espèce protégée sur le plan national que nous avons
eu la surprise de découvrir en une splendide ceinture à l’étang
de Préperny. C’est la première fois que l’étang
nous apparaissait aussi bas, laissant affleurer une large surface tourbeuse
(environ les 2/3 de l’étang) entièrement recouverte de végétation.
La partie encore en eau, contiguë à la digue, s’entoure actuellement
de 3 remarquables ceintures de végétation. On
peut observer, de la périphérie vers la pleine eau :
- une caricaie à
Carex rostrata
- un vaste peuplement monospécifique
de Littorella uniflora,
s’accommodant apparemment fort bien de l‘épaisse couche tourbeuse
qui tapisse le fond de l’étang. ( La Littorelle habituellement
s’en tient à des substrats plus sableux et siliceux)
- la remarquable ceinture, moitié
exondée moitié immergée, de Luronium
natans.
A l’état végétatif, la confusion est possible entre
les rosettes de la Littorelle et celles du Flûteau nageant. Il suffit
toutefois de savoir que les feuilles de la 1ère ont un limbe linéaire
à demi-cylindrique et pointu au sommet alors que les secondes ont un
limbe linéaire-rubané. Il n’est plus de confusion possible
à la période de floraison lorsque le Luronium déploie ses
feuilles nageantes ovales à très long pétiole.
Observateurs
:R. GOUX Varennes-les-Narcy (58)et H. GAUTHERIN Corancy (58)
Photo J. LAGEY
Pour en savoir plus :
Ces trois notes botaniques sont extraites de l’article de Roger GOUX
:
Courte relation d’une randonnée en Morvan ( SHNA Bull N°
184)
Digitale pourpre ( Digitalis
purpurea )…blanche !

La Digitale pourpre
est très commune dans le Morvan où elle colonise talus, terrains
incultes, coupes forestières, lisières de parcelles cultivées…Dans
les coupes à blanc souvent pratiquées avant enrésinement,
elle peut se présenter en peuplements denses et spectaculaires. Les grandes
fleurs en forme de doigtier sont pourpres clair, tachées de plus foncé
à l’intérieur. Les flores les signalent rarement blanches.
Le long de la D37 reliant Château-Chinon à Planchez (58), élargie,
recalibrée et réaménagée voici quelques années,
de grands talus (arènes, roches cristallines variées très
fracturées et plus ou moins altérées) sont en cours de
revégétalisation lente en raison de l’absence de terre végétale.
Entre le pont sur la Rainache et Planchot, et surtout après le Fou de
Verdun, on a pu observer, en juin 2003, sur le talus droit, en allant vers le
nord, plusieurs dizaines de spécimens à fleurs blanches.
Quelle explication donner à cette apparition soudaine ?
Observateurs : Het L. GAUTHERIN et
J. ROBLIN,
Découverte d’une belle station de Cynoglosse d’Allemagne
( Cynoglossum germanicum )
durant le printemps 2003. La station compte une cinquantaine de pieds mais ne
couvre que 10 m_. Elle se trouve à 450m d'altitude (exposée sud
Ouest) au pieds du talus de la D103 à 100 m environ en contrebas du lavoir
de la commune de Francheville (21) (sur la route de Vernot). Les plantes étaient
en fleurs fin mai et ont été épargnées par la fauche
des bords de route ce qui devraient leur permettre de se ressemer.
Observateur : Olivier GILG

Une belle station de Scilla bifolia dans les Gorges de la Canche (71)
Début avril, en faisant une reconnaissance de circuit dans les Gorges
de la Canche en vue de la sortie du 28 juillet dans la vallée de la
Canche, Jean Lagey a découvert une importante station de scille à ,2
feuilles (Scilla bifolia)
Si la scille à 2 feuilles est bien connue et fréquente en Côte
d’Or elle est rare sur le massif granitique du Morvan Sud
Revenant fin avril sur les lieux il a constaté que les scilles occupaient
la surface d’une station de cardamine à sept feuilles ( Cardanine
heptaphylla ) signalée par G.Robbe dans sa phytosociologie du Morvan.
La station se trouve sur la rive gauche de la Canche ( alt 550 m), dans le1/3
amont, c’est à dire la partie la moins encaissée des gorges.
La station occupe, une pente d’environ 45° d’éboulis,
stabilisés, orientée SE, sur une trentaine de mètres de
long et 10 à 15 de large . G.Robbe donne pour la Cardamine heptaphylla une abondance 3 soit 50% de la surface ce qui est valable pour Scilla bifolia
Des charmes (Carpinus betulus ) composent le couvert forestier, on est donc
dans une association Scillo-Carpinetum avec une sous-association à Cardamine
heptaphylla
Le problème est que Scilla bifolia et Cardamine
heptaphylla sont des
espèces réputées neutrophiles à calciphiles et
que nous sommes sur un substrat granitique , le granite du Folin.
Il se pourrait que lors de travaux de consolidation du mur de soutènement
de la route qui limite en haut la station il y ait eu des apports calciques
( chaux, ciment etc…)
A noter que G.Robbe signale en 1993 une station à faible densité de
Scilla bifolia ( Scillo-Carpinetum ) dans cette région mais plus en
amont et au-dessus de la route.
Confirmation et détermination Hervé Bruel
Cardamine heptaphylla et feuilles de Scilla bifolia en fin de végétation
Photo J.P.Dechaume et J.Lagey