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CINERITES N°3

 

LES CARACTÈRES MACROSCOPIQUES DE RECONNAISSANCE DES CINÉRITES MAJEURES

Figure 2 - Détail du Groupe Autunien
précisé par l’ajout de quelques couches observées par J. G.
(cf. légendes de la fig. 4, bull. 185 p. 14) ; échelle = 25 m.

Figure 3 - Couche type de l’Autunien ( in Garric, Héry et Vetter 1963)

 

Le diagnostic est basé sur la couleur, la structure, observées à l’affleurement dans la partie centrale de la moitié est du bassin (GAND et al. 2004a, fig. 2, 2004b, fig. 18).
Les géologues de la CEA avaient l’habitude de distinguer des cinérites à structure onduleuse ou convolutée. Ce critère n’est pas constant car il existe souvent dans tous les marqueurs, généralement dans la moitié inférieure du banc. Il pourrait s’agir d’une remise en mouvement des fluides sous l’effet d’une compaction précoce (cf. infra).
Les cinérites X et XX, séparées verticalement de 4 m en moyenne (la supérieure X de 15 cm d’épaisseur et l’inférieure XX de 5 cm seulement) sont repérables de loin par leurs éboulis blanc crême en blocs polyédriques. La cassure de la roche est franchement blanche, comme de la farine de blé. Elle est poreuse, à grain fin et relativement peu résistante. La structure litée visible au microscope est reconnue à l’affleurement, près des limites avec l’encaissant riche en matière organique, par des cristaux ocres de carbonates (ankérite) ; comme sur la photo 18 in livret-guide, où les shales sont restés collés au banc. Parfois, au milieu du banc on peut voir des lits blanc-porcelaine, plus durs (silice ?) ou bien un fin liseré noir (matière bitumineuse silicifiée). La cinérite X a été le repère le plus facile à suivre, sur près d’une vingtaine de km, dans la moitié Est du bassin (GAND et al. 2004a, fig. 2).

La cinérite II. C’est la plus épaisse des marqueurs (45 cm). Dans les éboulis, elle peut apparaître entière ou en trois parties égales : un tiers inférieur lité, le médian plutôt massif et le dernier piqueté (carbonates, ocres). D’où une polarité nette à l’affleurement.
Le banc se détache facilement de l’encaissant qui est peu résistant. Par sa couleur claire, blanc à ocre, cette cinérite est bien repérable, entre les argiles vertes à noires du mur et les argilites et siltites rouges du toit (photo 2). Elle est granuleuse au toucher et lorsqu’elle est envahie par les carbonates, elle prend l’aspect du sucre cristallisé. Cependant, lorsque cette cinérite prend une couleur gris-vert, elle peut être confondue avec le banc c, de même épaisseur situé à quelques mètres au dessous (cf. le log stratigraphique). Ce repère c est aussi volcano-sédimentaire mais la nature de l’encaissant permet de lever le doute

Photo 2 - Cinérite II du secteur de Mas Lavayre

La cinérite III est une des rares à être minéralisée par de l’uranium dans le gisement de Riviéral, célèbre par ses espèces minérales uniques. Riche en matière organique, elle est souvent brune, mais comme les précédentes elle peut être blanche.
Le banc est massif, rugueux au toucher et se débite en blocs polyédriques. Le litage est fruste. Le toit et le mur gréseux de la "couche III" sont épais et l’ensemble fait un ressaut dans le paysage monotone des siltites et argilites rouges de la Formation du Viala. C’est un excellent repère (photo 3)

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Photo 3 - Cinérite III du secteur de Mas Lavayre

Les cinérites V et VII sont distantes verticalement d’une quinzaine de mètres. Ces "jumelles" ne ressemblent à aucune autre. Elles ont une épaisseur de 20 à 30 cm et sont situées au milieu de "couches" semblables par leur puissance (1 m env.) et par leur richesse en matière organique qui est maximale au dessous du banc-calcaire bitumineux (figure 3). Sur le fond blanc de la cinérite, se détachent en noir très sombre des lits de 1/2 mm à 1 cm d’épaisseur, sinueux à contournés, ramassés ou étirés voire tronqués. Ce sont, vraisemblablement, des lambeaux de tapis algaires, des sapropèles détachés du fond du lac et entraînés par moments par un faible courant qui perturbait le dépôt des cendres. Parfois, dans le banc VII par exemple, le courant était plus énergique et il se déposait un mélange gris de "tuffites" banales aboutissant, localement à deux niveaux de cinérites semblables ; le plus mince étant toujours vers le haut.
Malgré ces caractères typés, devant un affleurement réduit, on peut hésiter a reconnaître les marqueurs V et VII. Il faut alors rechercher dans le voisinage, d’autres repères dits secondaires. Il y a deux cas de figures :

* Entre les deux "couches-repères" V et VII se place la couche 5 à plaquettes noires, toujours radioactive. En l’absence d’affleurement, on la trouve facilement au gammamètre. Lorsque l’affleurement est suffisant, on peut voir dans le toit de cette couche 5 un banc massif clair de 20 cm qui n’est autre qu’une cinérite, numérotée VI. Cette dernière montre une polarité plus ou moins nette par un enrichissement en carbonates à son sommet.

* À quelques mètres, au dessus de la couche-repère VII, se trouve une petite couche (couche 4) qui surmonte deux petits bancs massifs de 20 à 30 cm qui sont encore des cinérites sans caractères particuliers : l’inférieure est numérotée VIII et la supérieure VIII bis.
Grâce à ces repères secondaires, le diagnostic est définitif.

Précisons que la répartition verticale de ces cinq bancs volcaniques (X, XX, VI, VIII et VIII bis) sur une vingtaine de mètres a été interprétée comme un paroxysme volcanique. Mais il n’en est peut-être rien car, faute d’analyses suffisantes, tous les niveaux de cinérites n’ont pas été identifiés dans l’Autunien. Cela est suggéré par plusieurs cas comme celui du marqueur VIII bis qui a été révélée à la suite d’une erreur de repérage de la cinérite VIII, dans l’échantillonnage.
La cinérite I n’est pas spectaculaire comme les précédentes. Elle est de couleur gris-vert dans un encaissant gris de l’Autunien Alternant gris et rouge. Le banc est massif, très résistant et se détache en entier du mur et du toit de la couche, sous forme de prismes réguliers hauts de 20 à 30 cm. Il passerait inaperçu sans sa bipolarité particulière caractérisée :
* à sa base par un liseré" ou un bandeau de 1 à 4 cm de hauteur, le plus souvent de couleur saumon à rouge sang très dur (siliceux ?) à l’aspect nuageux, parfois noduleux qui est bien repérable dans les éboulis (voir infra).
* à son sommet, sur quelques centimètres, par un litage souligné par des carbonates et de la matière organique-témoin de la couche porteuse. Souvent, les carbonates envahissent le banc, d’où un aspect rouillé voire carié localement comme dans le secteur de Lunas, dans l’ouest du bassin, où il n’avait pas été reconnu. Mais le liseré rose était bien là à sa base. La cinérite I est un bon marqueur qui exige beaucoup d’attention.