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CINERITES N°4
LES LIEUX DE VISITE
Durant le cinquième Congrès du Carbonifère (GARRIC et al. 1963), le circuit géologique comportait un arrêt dans le ruisseau du Rivernous qui avait été aménagé à cet effet. On pouvait voir la série stratigraphique, du banc I au banc VIII (fig. 4). Ce site n’a pas été conservé après les travaux d’exploitation de la Cogema qui offraient de meilleurs affleurements. Malheuresement, la carrière principale (MCO de Mas d’Alary) est aujourd’hui inaccessible pour des raisons de sécurité. On peut voir de loin, depuis la clôture, la cinérite II dans la partie sud de la falaise, sur une centaine de mètres de longueur. À l’ouest, la carrière voisine de Tréviels est accessible mais à "ses risques et périls". La tranche stratigraphique I à V n’est plus visible. La carrière a été remblayée jusqu’au niveau de la couche 3 (GAND et al. 2004b, fig. 20). La cinérite II est visible dans les falaises sud et ouest, mais il est difficile de l’atteindre. Par contre les cinérites V et VII sont réduites à des tronçons de quelques mètres, coincés entre des failles, dans la partie nord.

Figure 4 - Coupe de la rive gauche du Rivernous ( in Garric, Héry et Vetter 1963.)
Le banc VII est bien reconnaissable
dans son environnement de la couche 4 à la
cinérite VIII. Mais le
V est méconnaissable parce que très
oxydé.
Un bel affleurement de la cinérite II était visible dans une carrière
voisine à l’ouest, mais celle-ci a été remblayée
récemment.
Les travaux de l’autoroute A 75 ont mis à jour de beaux affleurements
de cinérites, soit du nord vers le sud, les bancs VIII,
VII, II et XXV,
mais, là encore, il ne sera pas possible d’y accéder après
la mise en service de l’autoroute.
Dans les environs du site minier de la COGEMA, on peut voir encore (fig.
1 de ce travail = fig. 19 in GAND et al. 2004a) :
* Dans le talus ouest de la route de Mas d’Alary, au nord du hameau abandonné,
près du pont du ruisseau de même nom, la cinérite
X. Elle
affleure sur 3 m de longueur seulement. À cet endroit, situé à une
cinquantaine de mètres au dessus du conglomérat de base qui est
visible au niveau du pont, le banc X est anormalement épais, près
de 1 m (photo 1). À la base, on a affaire à une cinérite
franche tandis qu’à partir du milieu, c’est une tuffite donc
un mélange de cendres tombées sur place et lessivées à partir
des reliefs locaux. Rien ne permet de les distinguer à l’oeil nu.
Dans les parages, on pouvait voir aussi la cinérite
XX dans une faille.
Malheureusement, elle a disparu sous les coups de marteau des visiteurs. Elle
peut aussi présenter un épaississement anormal en rapport avec
sa taille, surtout dans l’est du bassin.

Photo 1 - Cinérite X du secteur de Mas d'Alary
* Dans le talus de la même route, dans le secteur de Mas Lavayre au sud, on trouve sur quelques mètres de longueur les deux cinérites II (photo 2) et III (photo 3). Les numéros de repère portés sur les photos sont centrés sur les bancs qui n’ont que 35 cm d’épaisseur. Comme d’habitude, le banc II apparaît plus massif que l’encaissant, tandis que le III, noir de bitume sec se détache peu de l’encaissant exceptionnellement enrichi par cette roche carbonée. À quelques mètres de II, on peut voir aussi le repère volcanosédimentaire c, un "faux frère jumeau" (voir infra).
Pour la cinérite I, il n’existe pas d’affleurement rapidement accessible dans les environs du site minier de la COGEMA. Nous la verrons à l’extrémité ouest du bassin, dans le talus sud de la route D8 E10 qui mène à Lunas par la rive gauche du Gravezon, au lieu dit Mas de Cussol (x = 667,5 et y = 3155,65). Le banc affleure sur une vingtaine de mètres de longueur et montre à sa base ce remarquable liseré rose saumon (photo 4, rs). Signalons à ce sujet, une curiosité dans le même secteur, à 350 m de là en direction de Lunas, dans un chemin montant vers le sud-est, on découvre dans un mur des prismes du banc I empilés horizontalement de façon à exposer à la vue la surface rouge de la base si caractéristique.

Photo 4 - Cinérite I du secteur de Lunas
REFERENCES.
GAND, G., GALTIER,
J., GARRIC, J., SCHNEIDER, J., KÖRNER, F. & BETHOUX,
O. 2004a — Les bassins carbonifère de Graissessac et permien de
Lodève. Livret-guide de l’excursion n° 3, Congrès de
Sienne sur l’évolution structurale et stratigraphique des successions
marines et continentales entre le Carbonifère tardif et le Trias, mai
2001. Société d’ Histoire Naturelle d’Autun,
185: 7-40, fig. 1-12.
GAND, G., GALTIER, J., GARRIC, J., SCHNEIDER,
J., KÖRNER, F. & BETHOUX,
O. 2004b — Les bassins carbonifère de Graissessac et permien de
Lodève. Livret-guide de l’excursion n° 3, Congrès de
Sienne sur l’évolution structurale et stratigraphique des successions
marines et continentales entre le Carbonifère tardif et le Trias, mai
2001. Société d’ Histoire Naturelle d’Autun,
186: 9-40, fig. 13-20.
GARRIC, J., HERY, B & VETTER, P. 1963 — Le bassin de Lodève.
In Voyage d’étude n° 4, livret-guide du Vème congrès
du Carbonifère (inédit) : 88-91, 7 fig.
GARRIC, J. 1965 — L’uranium dans le Carbonifère et le Permien
de L’Hérault. Les minerais uranifères français. Institut
national des Sciences et Techniques nucléaires,
Presses Universitaires de France, Paris : 147-265.
LAVERSANNE, J. 1976 — Sédimentation et Minéralisation du
Permien de Lodève (Hérault). Thèse
de 3e cycle, Univ. Paris Sud : 300 p.
NMILA, A. 1995 — L’empreinte du volcanisme dans le remplissage permien
du bassin de Lodève. Etude pétrographique et géochimique.
Implication métallogénique. Thèse de Doctorat en Sciences,
Univ. Pierre et Marie Curie, Paris VI (inédit)
: 202 p.
ODIN, B. 1986 — Les formations permiennes Autunien à Thuringien
du "bassin" de Lodève (Hérault, France). Thèse
Doct. Univ. Marseille III, spécialité Géologie,
392 p.