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COMPLÉMENTS FLORISTIQUES ET CARTOGRAPHIQUES À LA NOUVELLE FLORE DE BOURGOGNE

par Roger GOUX

article paru dans le bull N° 177

 
INTRODUCTION

Poursuivant la tâche que nous nous sommes assignée de maintenir à jour, au moins pour le secteur du Nivernais qui nous est familier, le Catalogue de la Nouvelle Flore de Bourgogne et la cartographie des espèces significatives qu'elle prend en compte, nous nous proposons par cette note de consigner les plantes et stations nouvelles qu'il nous a été donné d'observer depuis 1998. Il nous a paru également légitime de signaler les "réactualisations" les plus notoires d'espèces rares en situation précaire ou... parfois au contraire la disparition de leurs stations.
Ce travail est avant tout le fruit d'investigations personnelles. Il n'en doit pas moins une part appréciable de son contenu au concours d'amis botanistes avec lesquels nous avons eu le plaisir d'herboriser. Nous ne saurions manquer de leur rendre justice à la place qui leur revient dans cette note. D'ores et déjà, nous tenons à souligner le rôle majeur tenu par Ph. Jauzein (lors d'un court séjour en Nivernais) dans la découverte d'une espèce nouvelle pour notre département et la réactualisation de diverses raretés. Ce dont nous ne pouvons que nous féliciter.
Pour rester dans le prolongement de la Flore Bugnon, nous conservons l'ordre de présentation des divers taxons adoptés dans celle-ci et le numéro d'ordre qui leur est affecté. De même nous continuons d'indiquer, chaque fois que cela se justifie, la localisation du taxon dans le maillage défini dans cette flore.

• 0042 - Gymnocarpium robertianum : cette Fougère, notée pour la première fois en 1989 dans la carrière de Chevroches, près de Clamecy y subsiste encore, quelque onze ans plus tard. Non seulement elle a échappé au triste sort qui guette habituellement de tels milieux, l'embroussaillement ou la conversion en dépotoir, mais, par extraordinaire, a gagné en surface et en vitalité, colonisant densément à présent, un éboulis sur 25 m2 alors qu'elle n'y était représentée que par quelques touffes.

• 0098 - Asarum europaeum : noté autrefois à Lurcy-le-Bourg par Boreau l'Asaret n'a jamais été retrouvé dans cette station. Nous venons en revanche de le découvrir dans le même maillage, en 26-23,6, à une huitaine de km plus au nord dans le Bois Joly. A première vue, modeste station d'une dizaine de pieds.

• 0159 - Minuartia viscosa : signalée autrefois par Gagnepain (1900) sur les pelouses rases des bords de Loire, en amont et en aval de Decize, la plante, ignorée depuis lors, a été retrouvée le 04/06/99 à Port des Bois par Ph. Jauzein. Elle occupe des pelouses sablonneuses xériques ouvertes où se retrouve notam-ment l'espèce voisine Minuartia hybrida avec laquelle on peut la confondre. De ce fait, Il est probable que la minuartie visqueuse soit beaucoup moins rare qu'il n'y paraît sur les pelouses ligériennes.

• 0285 - Corydalis solida : CC. en bordure du sentier des Rollanges aux Chamonds, près de Marzy, ainsi que dans tout le secteur compris entre le Village Dufaud et le bourg de Marzy. Espèce déjà observée en ce lieu par Boreau et revue par Delarue. La persistance de stations, vieilles d'au moins un siècle, est une exception suffisamment heureuse pour être signalée.

• 0341 - Neslia paniculata : une rareté messicole retrouvée à l'Orme Quartier, près de Donzy, par Ph.. Jauzein. Dans la même station figuraient également Caucalis platycarpos et Bunium bulbocastanum des plantes certes plus communes, mais en passe de raréfaction rapide dans les moissons.

• 0456 - Rosa : le genre Rosa, prodigue en taxons sub. ou para. spécifiques de valeur systématique discutable, a peu connu la faveur des botanistes bourguignons depuis le début du XXe siècle. Pour l'essentiel, le Catalogue de la Flore Bugnon reprend les données des Flores Royer, Ravin, Chateau et Chassignol, Boreau ou les publications de Gagnepain... au risque - admis - d'y faire figurer des localités détruites ou encore de privilégier exagérément des régions jadis particulièrement prospectées. Ainsi, en ce qui concerne plus précisément la Nièvre, pourrait-on s'étonner de la place exorbitante que tient le Pays de Fours dans la distribution des Rosa, si l'on ne savait l'intérêt porté par Gagnepain à cette région du Nivernais... Aussi devant la pénurie de données récentes relatives au genre Rosa, nous a-il paru opportun de lui apporter quelques retouches d'actualisation (nous remercions en l'occurrence F. Billy qui a eu l'obligeance de contrôler la plupart de nos déterminations).

• 0456 - Rosa agrestis Savi var. subcuneata Ry. est présente, dans le lit majeur de la Loire, à Mesves, dans une fruticée où domine Rosa canina en 25-23,6.

• 0456 - inclus . R. agrestis Savi var. arvatica Riger
( ex Rosa saepium Thuill ): carrière de la Montain près de Bulcy en 25-23,6. Egalement dans une haie à Moiry près de St. Parize en 25-25,7.

• 0457 - Rosa andegavensis Bast. : haie, au Champ de la Boëlle, sur des coteaux calcaires, près de La Charité. (2 5 -2 3,6).

• 0460 - Rosa corymbifera Borkh. var. Thuillieri : taxon apparemment répandu dans les environs de La Charité: le Champ de la Boëlle, la carrière de Sainte-Hélène, une haie près des Quatre Vents, en 25-23,6 et 7 .

• 0460 - Rosa corymbifera Borkh. var. platyphylla = R. dumetorum Thuill.: figure çà et là, sur les reliefs calcaires de Neuffontaines, au Mont Lancioux notamment en 27-22,6; à Bel-Air près de Villiers-sur-Yonne en 26- 22,8 et sans doute dans une grande partie du Clamecyquois. Egalement dans les environs de La Charité.

• 0461 - Rosa deseglisei : notée dans une haie à Villiers, au sud de Menestreau en 26-22,5, ainsi qu'à Sainte-Hélène (25-23,6).

• 0464 - Rosa micrantha : petite station dans une fruticée épargnée au milieu des cultures, près du domaine d'Ouche ( env. de La Charité ). A côté du type figure la var. protracta Ry. = R. umbellata. Lers. ( 25- 23,6 ). Autres stations : Champ de la Boëlle en 25-23,6 et Bois de Bord près de St-Parize (25-25,7).

• 0468 - Rosa rubiginosa : espèce plus répandue que la précédente. Présente non seulement dans la vallée de la Loire, mais également dans diverses carrières abandonnées, calcaires en général telle celle de la Montain près de Bulcy ou même siliceuses comme celle de la Roche près de Tracy.

• 0470 - Rosa squarrosa : observé à Mesves ainsi que sur les coteaux charitois.

• 0471 - Rosa stylosa : ce Rosa non remarqué en Nièvre depuis Boreau (1857) et Gagnepain (1900) continue bel et bien de figurer parmi la flore de ce dépar-tement. Observation de quelques pieds, près de Mimont et aux abords de Pinay en 25-24,3 ainsi qu'à Moiry (25-25,7). La var. leucochroa Desv. existe un peu au delà de nos limites à l'Orme au Loup près de Sancerre.

• 0479 - Geum rivale : la Benoîte des ruisseaux n'avait, semble-t-il, jamais été signalée en Morvan de Nièvre et non revue depuis longtemps dans ce département jusqu'à notre récente découverte (le 12/06/01) d'une notable population de cette espèce (au moins 30 pieds) sur les bords du ruisseau de la Montagne, non loin de La Chaise, en 28-24,2, lors d'une excursion commune avec H. Gautherin.

• 0600' - Trifolium ornithopodioides = Trigonella ornithopodioides L. : espèce nouvelle pour la Nièvre et pour la Bourgogne, trouvée en abondance dans une prairie hygrophile du lit majeur de la Loire à Port des Bois, au sud d'Imphy, le 4/06/99(*) en 26-25,1. C'est au regard averti de Ph. Jauzein que nous devons cette inattendue découverte... Inattendue en effet£! quand on connaît la notoriété de cette localité de Port des Bois, dans les publications régionales...
(*) Si nous pouvons encore nous prévaloir de la primarité de notre découverte en ce qui touche sa date d'observation sur le terrain, il ne saurait en être de même en ce qui touche sa date de publication; E. de Laclos nous a, en effet largement devancés, en portant à la connaissance des lecteurs de ce bulletin l'existence du Trèfle pied d'oiseau en Nièvre, dès déc. 2000... Notons que, s'il ne s'agit pas de la même station, puisque celle d'E. de Laclos se situe sur les Iles de Maison Rouge et la nôtre à Port des Bois, l'une et l'autre ont en commun de se localiser dans le lit majeur de la Loire et d'appartenir à une végétation prairiale relativement rase à Ranunculus sardous, mais dont le statut phytosociologique reste à préciser.
Il convient de remarquer que cette méditerranéo-atlantique, ici en limite d'aire, est vraisemblablement passée inaperçue jusqu'à ce jour, en raison de sa ressemblance superficielle avec Trifolium subterraneum.

• 0629' - Geranium purpureum : s'avère plus commun qu'il n'y paraissait dans les "Perriers" de La Charité, (Goux 1998). Découverte, en outre, d'une autre station en bordure d'un chemin de terre près des fermes d'Ouche. Plus qu'une extension de l'espèce, il faut voir dans ces découvertes successives la juste prise en compte d'une espèce longtemps négligée. Ce chemin de terre, qui fut secondairement empierré, devait par ailleurs se révéler particulièrement riche en espèces peu communes, en majorité des messicoles inféodées aux terres calcaires sur ses bas côtés et des thérophytes de l'Airion caryophylleo-praecocis sur sa bande de roulement.
Vulpia unilateralis Bromus commutatus
Vulpia bromoides Petroselinum segetum
Catapodium. rigidum = Desmazeria rigida Valerianella eriocarpa
Apera interrupta Tordylium maximum

... Avec une belle diversité de compagnes parmi lesquelles nous retiendrons, sans chercher à être exhaustif :
Valerianella dentata
Valerianella rimosa
Geranium pusillum
G. robertianum, G. colombinum, G. dissectum, G. rotundifolium
Torilis arvensis
Anthemis arvensis
Bunias orientalis,
etc.
(Les plantes soulignées de la première liste feront l'objet de remarques complémentaires, dans la suite de cette note.)

• 0641 - Linum trigynum : déjà noté en Bertranges près du Carrefour des Bois d'Artonne (Goux et Loiseau -1994), ce Lin vient d'être également remarqué à 1km. de là, le long de la ligne des "Quatre vingts arpents", en 25-23,7, dans un milieu forestier ouvert, à substrat argilo-siliceux, comparable à celui de la 1re station. Il est probable qu'une prospection attentive de cette partie des Bertranges aurait toute chance de redonner à cette espèce la fréquence qu'on lui connaissait autrefois, dans ce massif.

Linum trigynum


• 0655 - Euphorbia hyberna : beaucoup plus commune dans le sud du département que ne le laisse entendre l'appréciation de la Nouvelle Flore. La plante abonde non seulement dans la forêt du Perray, en 26- 26,1, mais aussi en 26-25,6 dans le bois de Neuville et en 26-25,5 aux Bruyères de Fleury.

• 0726 - Helianthemum oelandicum subsp. incanum = Helianthemum canum, signalé depuis peu en Nivernais par Bosc, G. et Braque, R.(1997), dans la région de Ciez. La distribution de ce taxon s'enrichit désormais d'une seconde station (découverte en compagnie de J.-C. Felzines) passablement distante de la première puisqu'elle se situe sur les pentes mésoxérophiles du Bois de Montry, près de Neuffontaines (27- 22,6). Contrairement à la station 1 qui comble partiellement le hiatus existant entre les stations du Sancerrois et celles de l'Yonne notre station s'inscrit en parfaite continuité avec l'aire icaunaise. De ce fait on n'exclura pas qu'elle puisse résulter d'une colonisation directe plus ou moins récente émanant de cette dernière ; il serait en effet surprenant que ces buttes remarquables du SE Clamecyquois n'aient pas été prospectées, spécia-lement par nos grands devanciers: Boreau, Gagnepain... au début du siècle. Quoi qu'il en soit la seule menace qui pèse à moyen terme sur la la station tient dans son évolution vers le boisement (Daphno laureolae-Carpinenion). Son statut actuel de pré-bois calcicole, aux ouvertures modestes, n'est pas de nature à préjuger favorablement de sa pérennité.

• 0901- Galium glaucum : aux anciennes stations de Gagnepain (1895), disparues, et à la localité signalée par Loiseau (1966), revue tout récemment, il convient d'ajouter la station inédite du Grand Montois, près de Varzy, (26-22,6), découverte en compagnie de J.-E. Loiseau, le 28 juillet 1999. Quoique réduite à une touffe, la plante figure sur un coteau calcaire, sec et herbeux relevant des Festuco-Brometea; un milieu, par conséquent en parfaite conformité avec les préférences écologiques de ce Galium.

• 0989 - Stachys byzantina : subspontané, loin de toute agglomération, le long d'un chemin de terre,entre les Usages d'Oulon et le Bois d'Essiert.

• 1096 - Euphrasia officinalis subsp. campestris : sur pelouses marneuses à St-Franchy, près du ruisseau de Mattefer et sur les coteaux du Petit Mussy près de Parigny-les-Vaux. Ce taxon apparait donc comme AC. en Nièvre, ainsi que le confirme la comparaison de la plante avec celles qui furent récoltées à Nolay et Chasnay par J.-E. Loiseau. Même subsp. mal caractérisée de campestris .(cf. T.1 de la Flore Bugnon).

• 1099 - Odontites jaubertianus : des deux sous-espèces atteignant la marge occidentale de notre département : subsp. jaubertianus et subsp. chrysanthus, seule la seconde continue à bénéficier d'une bonne immunité vis-àvis des aléas de l'environnement. Son aire reste stable et ses stations se maintiennent, avant tout de par leur localisation sur des pelouses montueuses dépourvues d'intérêt agricole aussi bien que constructif. La frange, beaucoup plus étroite, qu'occupe subsp. jaubertianus connaît en revanche des vicissitudes déconcertantes. Des 3 dernières stations découvertes en compagnie de J.-E. Loiseau en septembre 1993 (cf. Goux et Loiseau 1994 ) aucune ne subsistait à l'automne dernier, soit parce qu'un fauchage prématuré avait empêché la fructification et le maintien de cette annuelle là où elle se trouvait, en bordure de chemins, soit parce que la friche qui, ailleurs, lui servait de refuge, avait reçu une autre destination... Cependant nous ne devions pas perdre tout espoir de voir l'Odontites de Jaubert continuer à figurer dans notre flore régionale. Dernièrement, en effet 2 nouvelles stations devaient être découvertes dans le voisinage des premières, riches l'une et l'autre d'une bonne cinquantaine de pieds. En apparence, la botanique ne perdait pas au change... à ceci près toutefois que les populations concernées se révélaient notoirement hybridogènes. De nombreux individus mal caractérisés témoignent de croisements entre subsp. jaubertinus et subsp. Chrysanthus, voire O.vernus.

• 1108 - Lathraea clandestina : Bosc et Braque (1997) donnent la plante comme abondante aux environs de St- Pierre-le-Moutier, sans autre précision ... Précisons donc, qu'à notre connaissance, elle affectionne la ripisylve de l'Allier, notamment à hauteur du château de La Ferté (près de Chantenay-St-Imbert). Elle y parasite les racines de Peupliers noirs, là où le tapis herbacé se montre plus ouvert (25- 26,3).

• 1254 - Petasites hybridus : aux localités de Ste. Colombe et Charnouveau ( sur la Nièvre de Champlemy) constituant les seules stations connues de ce Petasites pour la Nièvre s'en ajoute désormais une 3e,observée récemment le long du ruisseau de Presle, à Villiers, près de Menestreau. Le caractère ripicole neutrophile de la plante située, dans ce cas encore, près d'habitations s'accorde avec l'hypothèse généralement avancée d'une naturalisation ancienne.

• 1303 - Centaurea calcitrapa : découverte d'une nouvelle station de cette espèce près de la ferme de la Charnaye au NW de Tronsanges en 25-24,2. Après celle de Port-des-Bois, (Goux 1998), il s'agit de la seconde station trouvée récemment en Nièvre. Dans les deux cas, la plante colonise des milieux pâturés clos.

• 1359 - Hieracium lactucella Wallr. subsp. tricheilema N.P. : taxon. sans doute jamais signalé en Bourgogne, bien que l'espèce type soit connue du Morvan et plus rarement du reste de la Bourgogne. La station découverte se situe, sur substrat argileux, en bordure de la route Neuve, dans les grands Bois de Sauvages ( Forêt des Bertranges ) - 25- 23,8.

• 1361- Hieracium peleterianum subsp. ligericum : la station de Mesves, éteinte par suite de l'évolution naturelle du milieu vers les prairies à chiendents ou les landes à genêts, se trouve, d'une certaine. manière, réactualisée par la découverte inattendue d'une faible population de cette Epervière à quelque 1200 m en amont, dans une île temporaire du fleuve. S'agit-il d'un îlot relictuel ou d'un noyau préfigurant une nouvelle extension de la plante? L'interrogation trouvera peut-être sa réponse dans les années à venir...

• 1418 - Gagea pratensis : la seule station connue de cette Gagée en Bourgogne a subi (pour fréquen-ter l'emplacement puis les bords périlleux d'un terrain de foot) quelques vicissitudes ( cf. Goux 1988 et Goux et Loiseau 1994). Et depuis 1992, n'ayant pas revu la plante, nous pensions devoir considérer la station comme définitivement détruite... Or, étendant nos recherches un peu au-delà de l'aire que nous lui connaissions, c'est avec grande satisfaction que nous devions, au cours du printemps 2000, découvrir (en compagnie de V. Gillet) une bonne cinquantaine de pieds de cette espèce. Située dans la Réserve Naturelle du Val de Loire, la station devrait bénéficier à l'avenir d'une attention particulière.

Gagea pratensis

• 1455 - Sisyrinchium montanum : observée initialement en 1988, le long de la Route Neuve près de Murlin, cette Iridacée nord-américaine manifeste une nette tendance à l'extension. Non seulement elle a étendu sa station primitive sur plus de 3 km de long, mais de surcroît, a gagné un nouveau territoire à 5 km de là, au Carrefour des Bois d'Artonne ainsi que l'a constaté J.-E. Loiseau en notre compagnie.

• 1501- Vulpia unilateralis = Nardurus maritimus (L.) Murb. : sous le nom de Festuca tenuiflora Schrader, Boreau (1857) signalait la plante déjà comme AR.en Nièvre, à Chantenay, à St. Parize-le-Châtel, à Clamecy et Armes ainsi que sur les coteaux de La Charité... Nous constatons, à tout le moins, qu'elle subsiste en ce dernier lieu, sur substrat pierreux calcaire,en marge de cultures, près des fermes d'Ouche.

• 1517- Apera interrupta : mentionnée autrefois à Nevers, Challuy, Mesves par Boreau (1857) et en quelques autres points de l'axe ligérien, au Bec - d'Allier, au Guétin et à la Chapelle-Montlinard par Le Grand (1894), l'espèce n'existait plus guère, selon les investigations de Loiseau et Felzines (1990), qu' au Bec d'Allier. La découverte de cette station (cf. supra à Geranium purpureum) près des fermes d'Ouche, dans un chemin empierré de graves calcaires s'accorde assez bien avec les habituelles conditions de milieu reconnues à la plante (terrasses sableuses, sites anthropisés, sur subtrat hétérogène de sable, gravier, limon tassé et même induré superficiellement ) Loiseau et Felzines (1990) ... encore que, dans le cas présent, le substrat soit calcaire et non siliceux comme au Bec d'Allier.

• 1619 - Arum italicum : très commun dans la vallée de l'Allier près de Riousse. Ainsi se confirme l'appréciation de Boreau (1857) selon laquelle cet Arum est donné comme C. dans la Flore du Centre de la France et du Bassin de la Loire,surtout dans l'Ouest.

COMPLÉMENTS CARTOGRAPHIQUES

Ruscus aculeatus : Guichy, 2 5 -2 3, 4.
Blackstonia perfoliata : Le Cul du Loup, près de Villiers, 26.22, 5.
lsopyrum thalictroides : Bertranges ( La Motte Châtaignier, près Niffonds en 25-24, 4 et 8. Egalement au Creux, entre Gipy et Oulon en 26-23, 6( inattendue station sur talus ouvert, très en marge des habituels milieux forestiers de la plante). Egalement à Sardolles en 26-25,2 le long du GR3.
Sambucus racemosa : Usages d'Arbourse, 2 5 -2 . Forêt de Buhy, 26-23, 1. ( la spontanéité de cette localité ainsi que celle de la suivante sont loin d'être attestées) La Croix du Cerf, 26-22, 6.
Peucedanum gallicum : Forêt d'Arcy, 2 6- 2 2, 5.
Phyteuma spicatum (fleurs blanches) : très abondant en 26 22, 5 et 26- 22, 6, commun en 25-22,8.
Lithospermum purpureo-caeruleum : Mont Châtelet à Varzy en 26-22, 6.
Asarum europaeurn : Bois Joly en 26-23, 6.


CONCLUSION

Comme on le voit, il est encore possible, en s'en tenant à la seule flore indigène de découvrir de nouveaux taxons en Nièvre. Certes cette note ne peut guère se prévaloir que de la découverte de Trifolium ornithopodioides, découvert d'ailleurs indépendamment par P. Agou (cf. E. de Laclos -1999) et du taxon méconnu de Hieracium lactucella subsp.tricheilema. Observons toutefois qu'au cours de ces cinq dernières années, notre flore s'est enrichie de Helianthemum oelandicum subsp. incanum, trouvé par Bosc G. et Braque R. en 1997, d'Orobanche hederae, d'Euphrasia officinalis subsp. monticola, trouvés par nous en 1999 et d'Isoetes lacustris découvert en 1998 par P. Agou. Si la liste des taxons indigènes non recensés et, vraisemblablement présents de longue date, va nécessairement en s'amenuisant, le cortège des adventices introduites, échappées des cultures ou des jardins ou provenant de la multiplication des transports n'est pas près de se tarir.

En outre, il reste possible de réactualiser des espèces présumées disparues, ou du moins, non revues depuis longtemps, témoins : Minuartia viscosa, Rosa stylosa, Geranium purpureum, Galium glaucum. Mais pour l'essentiel, cette note récapitule des stations nouvelles ou effectue diverses retouches et mises à jour stationnelles ou cartographiques dans le cadre de la nouvelle Flore de Bourgogne.

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