NOUVEAUX COMPLÉMENTS À LA
FLORE DE BOURGOGNE
Années 2002-2003-2004
par Roger GOUX
article
paru dans le bull N° 188
INTRODUCTION
Plus
que dans la perspective aussi lointaine qu’improbable d’une
réédition de la Nouvelle Flore de Bourgogne, mais
plutôt
par devoir de mémoire envers François BUGNON, son concepteur
et son principal réalisateur- qui fut aussi notre maître et notre
ami- nous nous imposons, pour le secteur qui nous concerne, de maintenir vivante
la Flore qu’il a eu le talent et le mérite de mener à bien,
et ce en apportant régulièrement à celle-ci les compléments
et les modifications qui s’avèrent nécessaires. Notre
champ de prospection privilégie la partie la plus occidentale du Nivernais,
sans exclure pour autant le reste du département et les confins des
autres départements bourguignons.
Diverses données nous ont été fournies par des amis botanistes
auxquels nous ne saurions manquer de rendre justice à la place qui
leur revient dans cette note.
Ainsi que nous en avons pris l’habitude, nous conservons l’ordre
de présentation des divers taxons et leur numéro d’ordre
tels qu’ils figurent dans la Flore BUGNON. En outre, nous continuons à utiliser
le maillage défini dans cette flore chaque fois que des localisations
cartographiques le justifient.
COMPLEMENTS
FLORISTIQUES
0011 – Equisetum
telmateia : Prêle peu commune en Nièvre.
La station signalée dans un fossé en bordure de l’ancienne
RN7 à Varennes, près de Nevers – GOUX (1988) – a été mise à mal
lors de l’installation d’un échangeur autoroutier. Mais ce
que les travaux publics dévastaient d’un côté, ils
le compensaient d’un autre en permettant involontairement l’apparition
d’une nouvelle station de cette grande Prêle à deux km plus
au nord en contrebas d’un talus de la récente autoroute, précisément
près de l’aire de repos de Pougues-les-eaux.
0018 –Thelypteris
palustris : réactualisation, en compagnie de H.GAUTHERIN,
d’une station signalée en 1994 par J.-Cl. FELZINES, dans le marais
de Touffoux, près de Menou. Loin de péricliter, la station qui
ne comportait, semble-t-il, lors de sa découverte que quelques pieds,
s’étend à l’heure actuelle sur une soixantaine de m_
et ne compte pas moins d’une trentaine de pieds. Son avenir n’est
pas assuré pour autant, sachant que le marais qui l’héberge
est à la merci du premier promoteur venu, en mal de « mise en valeur » du
terrain ou bien risque d’être promis, à plus ou moins longue échéance, à un
atterrissement de l’étang résiduel qui subsiste ici … Sans
doute serait-il souhaitable, avant d’en arriver là, d’ envisager
la protection de cette station.
0019
- Oreopteris limbosperma : trois nouvelles stations viennent s’ajouter à celles
de J.-Cl. FELZINES (ligne des Ducs de Nevers en Forêt des Bertranges ,
rte forestière du Bois de Poisson, Bois des Mouilles) pour porter à cinq
celles que l’on connaît en Nivernais proprement dit. A chaque fois
l’espèce est étroitement associée au Blechnum. Une
concordance qui n’a toutefois pas valeur de règle absolue
ainsi que nous avons pu nous en persuader en visitant diverses stations
morvandelles
; GOUX (2003).
0234 – Anemone
ranunculoides : signalée par L.BOUDIN dans le Bois
de Mouron (lit majeur de la Loire) près de la Charité. Cette eurasiatique
dont l’aire s’étend au nord-ouest jusqu’au Maine et
au sud-ouest jusqu’au Béarn en contournant la région Centre était,
jusqu’à ce jour, passée inaperçue en Nièvre.
0285
- Corydalis solida : en 25/26-3 sur les bords de l’Allier.
0377
- Calepina irregularis : quelques pieds sur les bords du canal latéral
de la Loire aux Marais près de Challuy. Présence également
toute fortuite de la plante dans notre jardin, depuis deux ans !
(A observer la diversité des espèces apparues tout aussi fortuitement
dans celui-ci : Scilla autumnalis, Lindernia procumbens, Draba
muralis sans en
avoir sciemment manipulé des graines, nous en venons à penser que
les botanistes peuvent être à leur insu d’aussi efficaces
disséminateurs de semences que les oiseaux !!)
0471
- Rosa stylosa : Clamour le 9 juin
2002. Station comportant encore Geranium lucidum et Hesperis matronalis.
0456
- Rosa agrestis : coteau de Vaux Vivier.
0461
- Rosa deseglisei : notée en divers points du Nivernais, en Forêt
des Amognes, dans l’Allée des Ducs de Nevers en Bertranges et à Margis
dans les Bois de Sauvage.
0464
- Rosa micrantha : Lit majeur de la Loire à Clamour. Notée également
dans la ZNIEFF de Mimont et sur le coteau de Vaux Vivier
0653
- Euphorbia falcata : chemin de terre près de Carcot (env. de La
Charité). Observé également au sud de Vézelay en
bordure d’un chemin de terre séparant les
Sauniers des Crois Billaux
0656’ - Euphorbia
maculata : lit majeur de la Loire près de la Réserve
des Chamonds ( le 12/10/01 ). Une espèce en
extension.
0677 – Impatiens
capensis : son milieu d’élection demeure
les eaux stagnantes, notamment les bords du Canal latéral à la
Loire et ses fossés de dérivation. Nouvelle station au Crot de
Savigny près de Sermoise- sur- Loire, (août
2004).
0698
- Thymelea passerina : en bordure de cultures
près Fontenay sous
Vézelay. Une messicole devenue rarissime.
0699 – Hypericum
androsaemum : particulièrement abondant depuis
quelques années en Bertranges. C’est par dizaines de pieds que l’on
peut rencontrer cet Hypericum dans certaines allées. Rare en sous-bois,
il affectionne les lisières, les fossés humides ou le bord ombragé des
allées fraîches. Réactualisation en outre de la plante, en
Forêt des Amognes près de Sauvigny- les- Bois, en 26/25-1.
Le recul est insuffisant pour dire si cette expansion
sensible correspond à un
réel changement climatique ou bien ressortit à de simples fluctuations
météorologiques .
0811 – Sison
amomum : en bordure d’une haie, à la Croix des
Bois près de Teigny.
0825 –Thysselinum
nigrum:
(ex Peucrdanum palustre) particulièrement
florissant en ces mois de juillet et août 2004
sur les franges immédiates du Canal latéral à la Loire,
notamment aux Guillons (18). Il s’y trouve en compagnie de l’Impatience
du Cap (Impatiens capensis) et de tout le cortège classique des mégaphorbiaies
palustres : Lythrum
salicaria, Lysimachia vulgaris, Angelica
sylvestris, Scutellaria galericulata etc. Dans le petit bassin portuaire proche des Guillons prospère
la Vallisnérie. Elle se maintient là depuis de longues années,
après avoir connu une extension beaucoup plus importante.
En ce mois d’août 2004, les Apiacées , à la façon
du Thysselinum nigrum: (ex
Peucrdanum palustre),
connaissent une luxuriance inhabituelle,
qu’il
s’agisse de @ Oreoselinum
nigrum, abondant à Tracy, à La
Celle/Loire, à la Bijauderie, à Bulcy
etc. qu’il s’agisse
de Peucedanum cervaria présent
en de multiples stations ou bien encore de
la banale Carotte et de la non moins banale
Berce (Heracleum
sphondylium).
Les grosses pluies orageuses des dernières
semaines de ce mois auront été particulièrement
propices à la famille…
Post
0856 – Primula x polyantha ( P.veris x P.vulgaris ) : un unique pied
observé en bordure des carrières de Vergers. S’il est facile
de retrouver le parent P.veris dans le voisinage, la présence de l’autre
parent se révèle beaucoup plus problématique et l’on
ne saurait trancher entre une origine horticole de la plante ou une origine sauvage.
Quoi qu’il en soit sa nature hybride ne fait aucun doute et répond
bien aux descriptions qu’en ont données, sous des dénominations
différentes, BOREAU ( 1857 ) en traitant de P.variabilis ou GODRON ( 1878
) en traitant de P.officinali-grandiflora : une plante qui, au début de
sa floraison, ne comporte que des pédoncules radicaux uniflores puis qui
développe, par la suite,
des hampes multiflores.

Photo
Roger GOUX
0858 – Hottonia
palustris : riche station, en lisière N.E. de la
forêt de Charnouveau, fleurie à souhait. Les mardelles à Hottonie
ne sont pas rares dans la partie la plus occidentale du Nivernais, qu’il
s’agisse de la Ft des Bertranges, de celle des Grands bois de Sauvage,
de celle de Guérigny et de tous les bois circumvoisins. Ce qui l’est
beaucoup plus en revanche, c’est d’y découvrir de belles populations
en fleurs. La plupart du temps, on n’y voit que des rosettes, la plante
se multipliant sans recourir à des graines. Pour qu’il y ait floraison
deux conditions, à l’évidence, doivent être satisfaites
: une insolation suffisante et le maintien d’un niveau d’eau estival
d’au moins 20cm.

Photo
Roger GOUX
0879 – Gentiana
cruciata : nous connaissons une station de cette espèce
au Mt Lancioux, depuis une dizaine d’années. BOSC. G. et BRAQUE.
R., 1997 donnent également cette localité comme station, sans autres
précisions. S’agit-il exactement de la même ? nous ne saurions
l’affirmer. Quoi qu’il en soit , il nous semble utile de préciser
que, pour celle qui nous intéresse, l’espèce est toujours
présente en 2004 et montre même une tendance à l’extension
(6 ou 7 pieds au lieu d’un). Sa situation au milieu d’un sentier,
quoique peu fréquenté, ne la met certes pas à l’abri
d’incursions motorisées.
0882
- Gentianella ciliata : il est à craindre que les deux seules localités
connues de Nièvre
ne soient en passe de s’éteindre sans qu’apparemment leur
milieu (Mesobromion) n’ait subi de transformations significatives. La station
de Corvol- d’Embernard qui comportait une vingtaine d’individus répartis
sur moins de 10 m_ lors de sa découverte a vu sa population régresser
d’années en années. Et depuis quatre années la Gentiane
n’y est pas reparue. La seconde station, située près de Gagy,
nettement plus riche et plus étendue que la précédente, était
encore florissante l’an passé, mais cette année ne devait
nous montrer que trois pieds, en dépit de recherches réitérées.
S’agit-il d’une éclipse passagère, conséquence
d’une année climatérique défavorable à la plante
ou d’un déclin durable ? Le doute est permis lorsqu’on observe
par ailleurs la raréfaction d’une autre Gentiane, cette année
, Gentianella germanica, une espèce
habituellement commune sur les buttes
calcaires du Nivernais.
Pré 0920 – Calystegia
pulchra : subspontané à l’emplacement
de l’ancien Chalet Skieur, près du Haut Folin, en limite de Nièvre
et de Saône-et-Loire. La plante avait déjà été signalée
anciennement en SL à Etang-sur-Arroux et en CO à Dijon,
mais semble-t-il, non revue depuis
longtemps.

Photo JP
Dechaume J.Lagey
0967
- Scutellaria hastifolia : lit majeur de la Loire à Germigny. Importante
station comportant deux populations disjointes, l’une à fleurs bleu
violacé classique et l’autre à fleurs
roses.
1109 – Lathraea
clandestina : cette Lathrée que nous retrouvons
aux premiers printemps, depuis fev.- mars 2001, bien implantée sur la
rive droite de l’Allier, près du château de La Ferté vient
d’être réactualisée également dans le bassin
de la Loire par J.-Cl. FELZINES, « à Avril-sur-Loire, le long d’une
rigole dépendant du canal…ainsi qu’au bord même du canal,
500m. à l’ouest d’Avril ».J.-Cl. FELZINES note aussi
la plante à l’amont du pont-canal de Gimouille, près du Bec
d’Allier par conséquent.
1110
- Lathraea squamaria : en lisière
de bois (Etang de Palissonnet).
1171
- Campanula patula : Bois Lambert (ancienne terrasse
de la Loire).
1172 – Campanula
persicifolia : peu commune en Nièvre, même
calcaire. Un unique pied observé, en bordure de bois, au Bois Lassier
près de Maltaverne.
1306’ - Centaurea
paniculata : un pied inattendu observé dans le
lit majeur de la Loire à la Charité, en oct. 2003. Cette Centaurée
avait été récoltée autrefois par BOREAU ( 1849 )sur
les sables de la Loire, près
de Nevers.
pré 1427 - Hyacinthoides
non-scripta subsp. hispanica : un pied découvert
dans une ripisylve du lit majeur de la Loire à Mesves. C’est la
3ème station notée dans notre dition après la station de
la Celle-sur-Loire et celle de la Montain.(R.GOUX & J.-E.LOISEAU
mai 1994).
1433
- Allium flexum en cumulant
les
découvertes
de J.-E. LOISEAU , celles de J.- Cl. FELZINES et les nôtres, il ressort
que cet Allium est moins rare qu’il n’y paraît dans les prairies
mésophiles à Elytrigia du lit majeur de la Loire,(du moins dans
le cours restreint du fleuve compris entre Mesves et La Celle). On le note en
effet, à Mesves, Boisgibault, Tracy, et La Celle-sur-Loire… En ses
prairies il est souvent en concurrence, plutôt qu’associé, à d’autres
Ails tels que A.
vineale et A.
oleraceum exceptionnellement A.
sphaerocephalon.
1452
- Narcissus poeticus : vallée du Chat-Huant (Pré des Gots), à proximité du
ruisseau de St Loup au SWde la Ft Domaniale
de Cosne.
Est encore relativement
abondant dans
la Vallée de la Talvanne et les
vallées adjacentes des ruisseaux de Villiers et du Vaudoisis. Plus que
les cueillettes familiales, certes déplorables, auxquelles ces stations
continuent d’être soumises, les amendements agricoles et la baisse
régulière des nappes phréatiques s’avèrent
beaucoup plus préjudiciables aux populations de Narcisses. Nous n’en
voulons pour preuve que la raréfaction voire la disparition de certaines
espèces hygrophiles sans intérêt floral telles que Carum
verticillatum,
Valeriana dioica,
Cirsium dissectum ou même
Silene flos-cuculi.
1455 – Sisyrinchium
montanum : découvert, dans un fossé,
en bordure de route (la N.81) à Dardault, par V. GILLET, lors d’une
commune sortie. Dans toutes les stations que nous lui connaissons cette xénophyte
témoigne d’une belle vitalité et d’une tendance certaine à l’expansion
. Il n’est que l’assèchement
du milieu pour
freiner celle-ci.
Post
n° 1604 - Sporobolus indicus : découvert sur l’accotement
de l’ancienne RN7 à Tronsanges, lors d’une sortie commune
avec L. BOUDIN. Observé précédemment dans la Vallée
de la Loire, à Béard.
1677 – Carex
depauperata : espèce nouvelle pour la Nièvre
et qui demeure douteuse pour le reste de la Bourgogne. La station qu’il
nous a été donné d’observer, riche d’une centaine
de pieds env. dans l’enceinte de l’ex-Centre Géophysique de
Garchy a été découverte par Y. RIVIERE et N. POINTECOUTEAU
dans le cadre d’une étude écologique, floristique et faunistique
du site, préalablement au démantèlement du Centre Géophysique
et à son affectation à d’autres activités…
Orchis
simia est
toujours
présent aux abords du Centre, mais en situation
précaire,
sur un
talus routier.
1713
- Carex pseudocyperus : Rond
de
Lucien
Turc,
en forêt des Bertranges.
(1 pied), découvert lors d’une
sortie commune
avec O.BARDET.
Nous
avons
par ailleurs,
trouvé ce Carex en plus grand nombre disséminé autour
du Crot de Savigny près
de Sermoise-sur-Loire.
1734 – Epipactis
purpurata : observé couramment en sous-bois frais
semi- obscurs sur sols modérément acides dans la plupart des forêts
du Nivernais. Noté également en YO, au Bois de la Soillotte, le
long du GR ( près
Chamoux).
COMPLEMENTS
CARTOGRAPHIQUES
Adoxa
moschatellina en
25
/26-8
sur
les
bords
de
l’Allier ; en 26/23-7
dans le Bois de Compierre près de St-Révérien
Andryala
integrifolia en
25/22-1 dans
le lit
majeur de
La Loire à La
Celle.
Anemone
ranunculoides :
au Bois
de Mouron,
en 25/23-6
Blakstonia
perfoliata :
le Theurot
près Nyon en 26/24-1. Vallée
de la Justice près de Colméry,
en 25/22-8
et 26/22-5
Carex
laevigata :
au Buisson
Chamiot près de Montaron en 27/25-6
Cirsium
dissectum :
en lisière est de la Forêt de Charnouveau,
en 26/23-2
Hottonia
palustris :
enlisière
est de la Ft de Charnouveau
et Lac Gauthier
en 26/23-2
Hypericum
androsaemum : Bois de Vaulongue, près des Bardins, en 26/22-5, également
en 26/23-2 en Forêt
de Charnouveau
et en Ft des Amognes
en
26/25-1
Narcissus
poeticus : Pré des Gots en 25/22-2.
Oreopteris
limbosperma :
Allée des Ducs de Nevers (Ft des Bertranges)
en25/24-4 également
dans les Grands
Bois Sauvages
en 26/24-1
et en Ft domaniale
des Amognes
en 26/24-5.
Sison
amomum : à la Croix des Bois, près
de Teigny, en
27/22-5.
Thalictrella
thalictroides :
Bois
David à la Bijauderie en 25/23-6 et
en 25/26-3 sur les bords de l’Allier près
du Bouchet.
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
Avec l’apport d’espèces exotiques échappées
de jardins, en voie de naturalisation (témoin : Calystegia pulchra)
ou d’espèces à vocation cosmopolite prenant pied sur la
terre bourguignonne ( témoin : Sporobolus indicus),
il reste possible d’enrichir notre flore. Il n’est pas impossible, non plus, de découvrir
(surtout dans le domaine privé) de bonnes espèces indigènes
passées inaperçues jusqu’à ce jour (témoin
: Carex depauperata),
mais pour l’essentiel c’est dans la découverte
de nouvelles stations ou la réactualisation d’espèces non
revues depuis longtemps ou en situation tenue pour précaire que l’on
peut contribuer tant soit peu à une mise à jour de la Flore de
Bourgogne. Une mise à jour positive, certes à chaque fois que
de nouveaux taxons ou de nouvelles stations se signalent à notre attention,
mais qu’il convient de tempérer par sa contrepartie négative à chaque
fois qu’une station disparaît naturellement ou par le fait de l’urbanisation
ou de la « mise en valeur des terrains »… si l’on veut
s’éviter l’illusion d’un enrichissement continu de
notre flore. Enumérer ces atteintes aux milieux naturels que chacun
peut constater autour de soi : tracés de nouvelles routes, défrichages,
mises en place de lotissements, abus d’herbicides, fauchages intempestifs
etc. serait fastidieux . Ce grignotage incessant de la nature sauvage est un
crève-cœur pour le naturaliste… à moins que résolument
tourné vers des perspectives évolutionnistes celui-ci ne jure,
qu’après tout, ces nouveaux milieux sont le berceau de nouvelles
espèces, de nouveaux groupements comme l’ont été et
continuent de l’être les remblais des lignes de chemin de fer,
les gares, les canaux, les accotements routiers, les vieilles murailles et
même les rues des villes et des villages.
Piètres consolations, convenons-en, à la dévastation de
forêts, de landes, de marécages, de lieux humides…
Pour diverses espèces significatives sur le plan chorologique, il nous
a paru intéressant également de noter les fluctuations de leurs
peuplements, sans préjuger, bien entendu, de la signification de telle
ou telle expansion ou de telle ou telle raréfaction que l’on sait
par ailleurs naturelle. Ainsi observons-nous depuis quelques années
que diverses plantes d’origine occidentale ou méridionale comme Hypericum androsaemum, Andryala integrifolia, Odontites jaubertianus subsp.
Jaubertinus, Odontites jaubertianus subsp. Chrysanthus, Carduncellus mitissimus ou encore Peucedanum
gallicum se maintiennent en leurs stations ou même étendent
leur aire, alors que d’autres d’origine continentale comme Gentianella
ciliata et Gentianella germanica paraissent
en voie de régression. En
tout état de cause un plus grand recul temporel s’impose de même
qu’ une prise en compte plus vaste de la répartition de ces espèces
avant d’en inférer de possibles changements climatiques …J’adresse
mes vifs remerciements à J.-E. LOISEAU qui a complaisamment relu mon
manuscrit.
.
BIBLIOGRAPHIE
Boreau A., (1857) – Flore du Centre de la France et du Bassin de la Loire.
3ème éd. - Paris.
Bosc G. et Braque R.,(1997) – Herborisations en Nivernais. Monde des
Plantes, 459 :.22- 23.
Boudin L., (2003) – Com. pers.
Bugnon F. et al.,( 1993, 1995, 1998 ) – Nouvelle flore de Bourgogne,
t. I, II, III, Bull. Sci. Bourgogne, édit. hors série.
Felzines J.-Cl., (2004) – Com. pers.
Felzines J.-Cl. et Loiseau J.-E., (1999) – Acquisitions floristiques
au cours du XXème siècle dans le département de la Nièvre.
Monde des Plantes, 465 :15-16.
Godron D.-A., (1874) – Hybrides des Primula grandiflora et officinalis.
Imprimerie Berger- Levrault et Cie, Nancy.
Godron D.-A., (1878) – Nouvelles observations SUR LES PRIMULA de la Section
Primulastrum. Imprimerie Berger- Levrault et Cie, Nancy.
Goux R., (1988) – Contribution à l’inventaire floristique
du département de la Nièvre. Bull. Soc. Hist. Nat. Autun, n°128,
5-25.
Goux R., (2003) – Courte relation d’une randonnée en Morvan
(15 et 16 juillet 2003). Bull. Soc. Hist. Nat. Autun n°184 : 43-46.
Goux R. et Loiseau J.-E., (1994) – Compléments à l’étude
floristique du Nivernais occidental. Bull. Soc. Hist. Nat. Autun, 147: 5-26.
Loiseau J.-E., (2004) – Com. pers.
Loiseau J.-E. et Felzines J.-Cl., (1990) – Investigations floristiques
et écologiques dans le lit de la Loire en Nivernais-Berry. Bull. Soc.
Bot. Centre-Ouest 21: 9-28.