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Mammologie

Observations rassemblées par Nicolas Varanguin

 

Le petit Rhinolophe ( Rhinolophus hipposideros) victime de la route

Le 23 septembre 2001, un Petit Rhinolophe a été retrouvé mort sur une route de la commune de Mailly-le-Château ( Yonne ). Celui-ci avait été visiblement tué par une automobile.

Le 14 octobre 2001, sur la commune de Mailly-la-Ville ( Yonne ), une chauve-souris a percuté l'observateur au visage ( à moins que ce ne soit l'inverse ! ) alors qu'il roulait à vélo sur la route, à la tombée de la nuit. Assommée, elle a retrouvé ses esprits après quelques minutes, puis s'est envolée pour aller se suspendre dans une grange, à proximité immédiate. C'est là qu'elle a pu être identifiée; il s'agissait encore d'un Petit Rhinolophe.

 

On peut noter que ces deux observations ont été effectuées à proximité de cavités d'hibernation

Observateur: Nicolas VARANGUIN

 

Observation de Muscardins (Muscardinus avellanarius) en Auxois sud

Le 4 novembre 2001, au « Larrey de Melin », sur la commune de Mont-Saint-Jean (Côte-d’Or), nous avons pu observer deux Muscardins (Muscardinus avellanarius) dans un nichoir, attaché sur un Érable champêtre (Acer campestre), en lisière d’une haie le long d’une vigne abandonnée. L’ouverture du nichoir en question est dirigée vers le tronc de l’arbre, de façon à être facilement accessible pour les petits mammifères. Dans deux autres nichoirs du même type, dans un verger abandonné, nous trouvions le 12 août et le 8 septembre 2001 un Loir (Glis glis) subadulte, et le 7 février 2002 deux Mulots à collier (Apodemus flavicolis). Le Loir n’avait pas rassemblé de matériel pour faire un nid ; les Mulots à collier, en revanche, avaient bourré le nichoir avec des fragments de feuilles mortes. Fait remarquable, lors du contrôle du nichoir, les deux mulots étaient paralysés complètement, à l’exception des yeux, lesquels étaient ouverts et agiles. Un mois plus tard, le 7 mars 2002, un seul Mulot à collier, très agitté, était présent.
Observateurs : Vincent VAN LAAR et GUDA M. VAN LAAR-MELCHIOR

Photo D.Sirugue


Le Lérot ( Eliomys quercinus ) et la Belette ( Mustela nivalis )


Un Lérot était tombé au fond d’un seau, dans une grange, à Viévy (21), le 10 octobre 2002. Le fait est relativement fréquent, de nombreux micromammifères étant pris au piège de cette manière, mais en allant relâcher l’animal au bout de la cour, près du garage, Arnaud JULIEN a été témoin d’une scène pour le moins cocasse : Alors que le petit mammifère venait de se sauver, l’observateur aperçoit une belette. Le Lérot était allé prendre ses aises sur une poutre, mais celui-ci n’était pas au bout de ses surprises. La belette, ayant repéré cette potentielle proie, s’en approche discrètement par derrière, et le mord. Le Lérot crie, fait un bon, …loupé pour cette fois !
Observateur : Arnaud JULIEN


Photo Arnaud JULIEN

 

Une chauve-souris en vol…par – 4°C


Une chauve-souris a été observée en vol dans le village de Vianges (Côte-d’Or) le 12 janvier 2003, à 14 heures (TU), alors que la température n’était que de – 4°C. Celle-ci, volant près d’un mur exposé sud, s’est posée sur celui-ci, à la recherche d’une fissure pour s’abriter. Elle a alors pu être identifiée : il s’agissait d’un mâle de Pipistrelle commune ( Pipistrellus pipistrellus ).

 

Observateurs : Capucine, Rémi et Daniel SIRUGUE

 

Note sur la présence du Chamois (Rupicapra rupicapra)en Bourgogne


Le 1er septembre vers midi, une randonnée familiale nous fait quitter le village d’Ancey en direction nord par un sentier qui monte sur le plateau. En contrebas, à 150 mètres, un superbe Chamois, à l’arrêt, nous considère sans inquiétude. C’est un individu assez jeune ; en tout cas, ce n’est pas un de ces mâles adultes à l’encolure forte et à l’échine qui paraît presque une crinière. Chez cette espèce, le sexe est la plupart du temps très difficile à préciser, surtout chez de jeunes individus. C’est le cas de celui-ci. Même la courbure des cornes dont le crochet est complet (ce qui indique un individu de deuxième année au moins), constitue habituellement un critère très délicat pour dissocier mâle et femelle. L’animal se tient dans un pré, comme il est en contrebas, nous avons à l’arrière plan un versant du vallon très escarpé, des blocs rocheux, des buis qui se teintent d’orange et un boisement chétif sur sol superficiel. Un paysage de moyenne montagne, fait pour le Chamois.
Nous avons tout le loisir d’observer cet animal qui nous ramène en vacances, que cette année, nous avons choisi de passer dans le massif des Aravis. Mais la réalité est un peu différente, nous sommes en Bourgogne et cet intrus n’a rien à faire là ! A moins que … à moins que la Bourgogne n’offre des écosystèmes favorables au Chamois. Pour ma part j’y crois vraiment : explications.
Le Chamois est souvent associé à des sommets enneigés. C’est une image d’Epinal qui ne correspond pas à la réalité. Autant le Bouquetin est un véritable alpin, autant le Chamois est un animal des zones escarpées, fussent-elles en forêts de plaines. Ce n’est pas un mammifère qui se restreint à la haute montagne, bien au contraire

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Retour sur un passé
Cette espèce a presque disparu des massifs montagneux qui lui ont servi de protection, contrainte de s’y réfugier à cause des persécutions humaines. Ce qui a accentué cette illusion qu’il était typiquement animal de haute montagne. Et puis la protection de l’espèce a été mise en place, par manque de «combattants» pourrait-on dire ! Dans le Jura, il ne subsistait que quelques individus confinés à des secteurs escarpés : le Mont d’Or, la Dole, le Creux du Van… La protection et les renforcements de populations sont à l’origine d’une recolonisation assez spectaculaire de l’ensemble de l’arc jurassien : d’abord les zones les plus élevées du Jura plissé ensuite par une colonisation spontanée des secteurs favorables de moindre altitude, des plateaux. La configuration géologique du Jura finit par «apporter» des Chamois sur les rebords du Revermont, dans les reculées entourées de falaises. Au pied de celles-ci, la dépression bressane, une immense plaine à priori sans capacité d’accueil pour l’espèce, mais au-delà, plus à l’ouest, se trouvent les reliefs bourguignons, des combes, des falaises, des zones escarpées

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La stratégie de colonisation
Toutes les espèces, animales et végétales, sont confrontées à la même situation, il est indispensable qu’elles gardent une capacité à se déplacer afin de coloniser de nouvelles zones géographiques. Pour cela il faut que des individus partent en exploration, en pionnier, même s’il est risqué de le faire. Une majorité de ces aventuriers ne doit sans doute jamais atteindre un habitat favorable où toutes les conditions de la niche écologique sont réunies pour constituer un noyau de population. Mais lorsque des individus réussissent, c’est le «Jack pot», on se retrouve «seul au monde» et tout un habitat favorable à occuper. Voici donc les Chamois prêts à affronter la plaine de Saône, à franchir les rivières qui la drainent, les axes routiers, autoroutiers, ferroviaires et voies d’eau que l’homme a installés. Depuis longtemps, on en a observé dans la plaine et certains arrivent sur le relief occidental de cette large dépression. Par exemple, en 1997 un individu à Chambolle-Musigny reste plusieurs mois. Au printemps 2002, un individu en arrière Côte chalonnaise. Automne 2002 un individu (le même ?) en Côte-d’Or.
Certains sont sans doute passés inaperçus, ce qui cependant est peu probable. Ces animaux ont la réputation de créer des perturbations au sein des troupeaux d’animaux domestiques : bovins, ovins…
Espèce très sociable, le Chamois est toujours rencontré en petits groupes. Lorsqu’il se retrouve seul, il a tendance à se rapprocher d’autres espèces également grégaires. De nombreux comportements de contact régissent l’organisation du groupe, lorsqu’il se retrouve en présence de nouveaux compagnons notre héros pionnier est plus ou moins heureux dans ses tentatives de prise de contact. Ainsi a-t-on entendu dire qu’il tentait de s’accoupler avec des génisses (interprétation fantaisiste puisqu’il n’est en rut qu’en novembre décembre) ou qu’il avait blessé à mort des moutons (ce qui a été vérifié en 2002 en Saône-et-Loire).


Retour à la case départ
Le devenir de ces individus est déjà scellé d’avance ; après les avoir repérés, les services de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage les capturent à l’aide de seringues hypodermiques, dans le meilleur des cas, sinon ils sont euthanasiés (cf. la Feuille de Neomys n° 4, 5 et 6, 2000, 2001 et 2002, p. 2). Endormis, mis en cage, ils regagnent sans effort mais sans leur consentement leur Jura natal. Tout est à refaire, toute cette aventure pour rien ! Il est vrai que de les laisser errer à la recherche d’une harde ne constitue pas une solution géniale, mais ne pourrait-on pas constituer un noyau bourguignon dans un secteur particulièrement favorable ? Nous pourrions vérifier si oui ou non, l’habitat de combe bourguignonne leur convient. Tout nouvel arrivant serait conduit sur un site choisi pour ses capacités d’accueil, dans un groupe où il viendrait renforcer un noyau constitué, et la faune de Bourgogne s’enrichirait alors d’une espèce tout à fait spontanée. Cette intervention et cette gestion en faveur de la biodiversité sont certainement mieux adaptées à la situation que les mesures systématiques qui consistent à ne pas laisser sa chance à l’espèce en renvoyant les pionniers à la case de départ.
Observateur: Régis DESBROSSES


De l’Euryale (Rhinolophus euryale) en Saône-et-Loire !

Le 18 mars 2003, un Rhinolophe euryale a été observé pour la première fois depuis 1962 dans un site souterrain de Saône-et-Loire (71). Belle observation qui laisse espérer une santé meilleure de l’espèce en Bourgogne après de nouvelles données en Côte-d’Or ces dernières années.
Observateurs : Stéphane G. ROUÉ et Samy MEZANI

Nouvelle mention du Rhinolophe euryale dans l'Yonne

Pour le département de l'Yonne, avec des mentions le 14 mai 1950 et le 23 décembre 1960 dans des grottes à Arcy-sur-Cure (Yonne) (CAUBERE, 1950; données CRBPO), des visites modernes de ces cavités n'avaient pas permis de prouver la présence actuelle du Rhinolophe euryale Rhinolophus euryale malgré des doutes au cours de l'hiver 2003. Le 24 février 2004, une prospection de ces grottes a permis de prouver la présence certaine d'au moins deux individus en hibernation dans des draperies de la Grande Grotte.
Nous tenons à remercier Monsieur le Comte de la VARENDE pour son accueil et Messieurs Michel GIRARD et Jean-Claude LIGER pour leur aide. CAUBERE, B. 1950. Rhinolophus euryale Blasius (1853) dans l’Yonne. La Feuille des Naturalistes 5 : 6.
Observateur : Stéphane G. ROUE

 

Jeune martre

En forêt de Graille, a 1 km du hameau de Champcheur (58) le 06/07/2003 vers 14h une jeune martre (Martes martes) probablement de l'année precédente a traversé la route devant l'obervateur, quoi de plus banal sinon que l'animal avait un pelage brun roux, sans doute rare pour cette espèce

 

 

 

Premières preuves de mise bas de la Noctule de Leisler (Nyctalus leisleri) en Bourgogne
Au cours de l'été 2003, deux preuves de mise bas pour la Noctule de Leisler Nyctalus leisleri ont été mises en évidence en Bourgogne suite à des appels "SOS chauve-souris".
Le 9 juillet, nous recevons un appel téléphonique concernant des chauves-souris retrouvées dans un bâtiment à Précy-sous-Thil (Côte-d'Or). A notre arrivée, le soir même, une jeune femelle de Noctule de Leisler est découverte avec deux autres jeunes morts. Il semble que ces individus aient pénétré dans une pièce sans en retrouver la sortie. Avec moins de 8 g, le jeune a été nourri durant plusieurs jours grâce à des orthoptères. Après des entraînements au vol, il a été relâché le 19 juillet avec un poids de 10,5 g à proximité de la colonie découverte et comptant 169 individus à l'envol ce même jour. Le 16 juillet, lors d'un déplacement chez un particulier sur la commune de Corancy (Nièvre), nous découvrons la présence d'une colonie dans un surcomble sous la laine de verre. En pénétrant dans celui-ci, un petit groupe de Noctules de Leisler avec des jeunes est rassemblé sur une poutre et celles-ci se retirent rapidement sous la laine de verre.
Espèce aux mœurs plutôt arboricoles, nous avions déjà pu mettre en évidence la présence régulière de cette espèce en chasse au-dessus de nos villages bourguignons. Ces données de mise bas font donc progresser nos connaissances sur la Noctule de Leisler et son occupation de gîtes anthropiques.
Observateur : Stéphane ROUE